Crash du vol AF212 : 47 ans après, les familles des victimes demandent la levée du secret-défense

Des familles des victimes du vol Air France AF212, qui s’est écrasé peu de temps après son décollage de Caracas en 1969, ont lancé une pétition dans l’espoir de convaincre les autorités françaises de lever le secret-défense entourant ce crash qui reste inexpliqué.

Lancée sur le site change.org, la pétition a recueilli à ce jour 420 signatures. « Le but est d’obtenir une dérogation des Archives nationales pour, enfin, lire le rapport d’enquête du BEA qui n’a jamais été rendu public, chose unique dans l’histoire de l’aviation » , nous a expliqué lors d’une conversation téléphonique Sylvie Yrissou Delcampe, fille du mécanicien de bord en fonction sur le vol. 

Le vol Air France AF212 devait relier Santiago du Chili à Paris, avec plusieurs escales dont Quito, Caracas, Pointe-à-Pitre et Lisbonne. Il était assuré ce 3 décembre 1969 par le Boeing 707 « Château de Kerjean » (F-BHSZ). Environ trois minutes après son décollage de Caracas, vers 18h00, l’avion, à l’altitude de 3.000 pieds, s’abîme en mer. L’accident ne laisse aucun survivant parmi les 62 personnes à bord.

Un demi-siècle après, bien peu de documents sont disponibles. « Les causes de la catastrophe restent inconnues. Le rapport d’enquête officiel n’a jamais été publié. Les archives nationales ne le communiqueront qu’en 2029, soit après 60 ans de classement secret-défense » , explique un article de Wikipedia. Or aujourd’hui, les familles des victimes redoutent de ne plus être de ce monde quand il leur sera possible d’accéder aux conclusions du dossier, qui, selon elles, « comporte des indices d’attentat » .

« Difficile de croire que si ce n’était qu’un accident, les archives soient encore fermées » , s’indigne d’ailleurs une des signataires de la pétition, Odette Gene Gedeon, qui se présente comme la fille d’une des victimes.

« Avant de mourir, on veut savoir la vérité » , nous a résumé, non sans émotion, Sylvie Yrissou Delcampe.

La pétition est disponible en ligne sur le site de change.org. Lorsqu’elle aura atteint un nombre suffisant de signatures, les familles comptent la remettre à plusieurs membres de l’autorité publique, citant Françoise Banat-Berger, directrice des Archives nationales; Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur; Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères; Patrick Gandil, directeur général de l’aviation civile (DGAC); Rémi Jouty, directeur du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA); et Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense.

Photo clipperarctic CC BY-SA 2.0 : Boeing 707 d’Air France au décollage de Londres-Heathrow

3 commentaires sur “Crash du vol AF212 : 47 ans après, les familles des victimes demandent la levée du secret-défense

  1. L’avion aurait fait une manœuvre pour éviter une collision avec celui du secrétaire d’état américain Robert Mc Namara alors qu’il était en montée après le décollage.
    C’est le bruit qui courait en 1969, après le crash, à Pointe à Pitre dans les milieux de l’aéronautique civile, ainsi que chez les navigants d’Air France basés en Guadeloupe à l’époque.

  2. A cette époque j »étais aux Antilles et malheureusement Air France a connu plusieurs crashs successifs de Boeing 707 sur cette ligne , notamment celui de Deshaies en approche sur Pointe a Pitre le 22 Juin 1962 117 morts ,15 jours aprés un crash au décollage d’Orly qui avait fait 130 morts ,( les 2 hotesses seules survivantes de cet accident sont décédées dans celui de Deshaies)avec aux commandes le commandant Lesieur le pilote qui était toujours au service du général de Gaulle. Mon père étant parmi les sauveteurs , j’ai conservé entre autres une valve de réacteur Pratt and Whitney.Un autre crash a eu lieu en 1968 en approche sur Pointe a Pitre faisant 63 morts.Sur celui de Deshaies il ya eu beaucoup de spéculations une fois encore sur un éventuel attentat vu la présence a bord d’indépendantistes Antillais.Comme d’habitude les thèses de complots et attentats politiques ont été émises.Par contre Air France n’a jamais connu de crashs avec ses Boeing 747.

  3. En lisant cet article j’ai le frisson….En vacances à Bogota avec deux amies PNC AF comme moi, nous nous sommes présentés à l’aéroport, en retard de 5 mn après la fermeture du vol…à notre demande le Personnel d’escale a demandé au CDB s’il acceptait de nous embarquer…..refus! Ce CDB, très réglo…nous a ainsi sauvé la vie et nous en vivons une, supplémentaire, depuis ce jour…La version retenue est celle de Sergio…En mémoire de ces équipages : en effet, il y avait un équipage PNC en « mise en place » ce jour là, nous avons perdu des amis…ils me hantent souvent….Je signe avec conviction….

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