L’aéroport de Montpellier signe une croissance à deux chiffres en 2016

L’aéroport de Montpellier-Méditerranée a accueilli 1,67 million de passagers en 2016, soit une croissance de 10,7%. Porté par cette dynamique, il espère battre son record historique de fréquentation (qui date de 2000) dès cette année 2017.  

Avec cette croissance à deux chiffres, la plate-forme languedocienne se dit la 2ème plus performante de France parmi les aéroports qui dépassent le million de passagers annuels. « Cette envolée, qui bénéficie à l’économie de toute la région, ne doit rien au hasard » , selon Montpellier-Méditerranée. « Elle est la conséquence de la stratégie conquérante mise en place par les équipes de l’aéroport, qui se battent depuis plusieurs années pour convaincre les compagnies aériennes françaises et étrangères  de poser leurs avions sur ce côté des rives de la Méditerranée, dans un contexte de concurrence exacerbée entre plates-formes » .

Dans le détail, les lignes nationales constituent toujours l’essentiel du trafic, avec 1,05 million de voyageurs en 2016 (+2,55%). Près des deux tiers des passagers de l’Aéroport de Montpellier (63% exactement) s’envolent pour Paris, Nantes, Bordeaux, Brest, Strasbourg ou la Corse. À elle seule, la capitale représente plus de la moitié des voyageurs (51,3%). Le trafic vers Orly a dépassé les 473 000 passagers (+2,5%). Pour autant, les vols vers le hub de Paris-Charles de Gaulle ont également fait le plein, avec 383 000 passagers (+1,1%). L’aéroport estime que « la stratégie offensive » d’HOP! Air France, avec la mise en place de La Navette sur la ligne Montpellier/Orly en octobre 2016, devrait encore tirer la croissance en 2017.

Les autres lignes françaises connaissent des destins variés, selon la stratégie des compagnies aériennes. Avec 147 000 passagers, Nantes s’envole de près de 18%, grâce à l’offre abondante proposée par HOP! Air France et Volotea ; quand Strasbourg recule de 39% (12 000 passagers) et Lyon de 64% (5 800 passagers) suite à la réduction de l’offre. L’aéroport note les bonnes performances de Brest (10 000 passagers) et surtout de Bordeaux (6 800 passagers), désormais reliée quotidiennement à Montpellier grâce à Chalair depuis janvier 2016.

Les lignes européennes contribuent largement à doper la croissance, avec plus de 442 000 passagers en 2016 (+18%). Cette envolée répond à la stratégie de l’aéroport, qui entend développer les liaisons avec les grandes métropoles du Vieux Continent. Aujourd’hui, ces lignes européennes représentent 26,5% du trafic de Montpellier, contre seulement 14% il y a trois ans.

Aéroport de Montpellier / Pascal Bigot : arrivée d’Aer Lingus

L’aéroport donne l’exemple de KLM, qui selon lui, « illustre à merveille cette politique » . La compagnie néerlandaise a considérablement renforcé son offre l’an dernier, de telle sorte que 65 000 passagers se sont envolés pour Amsterdam en 2016 (+128%). C’est désormais la troisième destination européenne, derrière Londres toujours dynamique (156 000 passagers, +15%) et Charleroi en Belgique (67 000 passagers, +8,5%). À noter également les performances de Bâle-Mulhouse (près de 38 000 passagers), Rotterdam (20 000), Copenhague (18 900) et surtout Dublin (10 000), proposée pour la première fois au départ de Montpellier avec Aer Lingus. Ces résultats compensent le recul de 30% de Francfort-Hahn (29 000 passagers) qui a pâti d’une réduction de capacités par Ryanair. Enfin, Rome a séduit 20 000 passagers  l’an dernier, un chiffre stable par rapport à 2015 mais qui se traduit néanmoins par l’abandon de la ligne par Alitalia, « contrainte de réduire drastiquement  son réseau en Europe et sa flotte… » , précise l’aéroport.

Ce dernier se réjouit également de « l’excellente performance » des lignes internationales vers les pays d’Afrique du nord, dopées par les stratégies offensives des compagnies Air Arabia, Royal Air Maroc et Air Algérie, avec un total de 174 000 passagers (+65%). Ce trafic international représente désormais 10,4% du trafic total de l’Aéroport  Montpellier-Méditerranée (contre seulement 6% en 2013). Avec près de 62 000 passagers (+73%), Casablanca fait la course en tête, devant Fès, Nador et Marrakech (+240%, avec 25 000 passagers). Désormais desservie toute l’année, Alger réalise aussi une envolée de 320% (9 800 passagers). Tanger et Oran, toutes deux en forte croissance, ferment la marche.

Ces résultats rebattent légèrement les cartes des compagnies aériennes sur la plate-forme montpelliéraine. Air France et sa filiale HOP! continuent à faire la course en tête, avec  56,5% du marché. Mais les low cost s’arrogent désormais 34,6% du trafic (contre 33,7% en 2015), avec en tête Easyjet, Ryanair et Volotea. À signaler également les percées de KLM et surtout d’Air Arabia engagée dans un partenariat étroit avec l’aéroport depuis deux ans.  Avec 8,2% du trafic, cette dernière s’installe même sur la troisième marche du podium (derrière Air France et Easyjet) et dépasse désormais Ryanair.

Montpellier-Méditerranée espère que cette « belle dynamique » se poursuivra en 2017. D’ores et déjà, plusieurs nouveautés ont été annoncées, comme le retour de British Airways à Montpellier après dix ans d’absence (avec une ligne vers son hub de Londres-Heathrow), l’ouverture de vols pour Palma (Baléares) par Germania, pour Lille et Bastia par Volotea et Stockholm par Norwegian. Sans oublier la reprise des lignes saisonnières de l’été (Dublin, Copenhague…).

L’aéroport assure que « d’autres bonnes nouvelles devraient suivre » . De quoi permettre à Emmanuel Brehmer, président du directoire de l’Aéroport  Montpellier Méditerranée, d’espérer battre en 2017 le record historique de trafic établi en 2000 (1,72 million de passagers). Et d’atteindre l’objectif de 2 ,5 millions de passagers à l’horizon 2020.

Source et photo : Aéroport de Montpellier-Méditerranée