Norwegian Air International obtient finalement sa licence américaine

Boeing 787-8 de Norwegian. - © Norwegian

Le Département américain des transports (DoT) a accordé vendredi une licence à la compagnie irlandaise Norwegian Air International (NAI) pour desservir les États-Unis depuis l’Union Européenne, trois ans après qu’elle en a fait la demande.

Ce qui aurait dû être une simple formalité avait tourné à la controverse. En décembre 2013, NAI, filiale irlandaise de Norwegian Air Shuttle, demandait l’autorisation de servir le territoire américain dans le cadre du traité de Ciel ouvert entre l’Union Européenne et les États-Unis. Mais des voix de l’autre côté de l’Atlantique accusaient NAI de n’être qu’un « pavillon de complaisance » utilisé par Norwegian pour échapper à la réglementation et aux taxes norvégiennes. Les trois majors américaines, Delta Air Lines, American Airlines, United Airlines, ainsi que le syndicat de pilotes de ligne ALPA, reprochaient notamment à Norwegian d’employer des navigants sous contrats asiatiques et demandaient au DoT de rejeter sa demande pour « concurrence déloyale » .

« La loi et nos obligations bilatérales ne nous laissent aucun moyen pour rejeter cette demande » , a conclu le DoT dans sa décision de neuf pages rendue le 2 décembre 2016.

« En soutenant que NAI représente un ‘pavillon de complaisance’, les opposants ont perdu de vue cette caractéristique clé de l’accord (de Ciel ouvert) : tout transporteur peut battre pavillon de n’importe quel pays membre de l’UE, ainsi que de la Norvège ou de l’Islande, à condition d’être détenu et contrôlé par des citoyens de ces pays » , a expliqué l’administration américaine. « Il n’y a aucun manquement de l’UE à honorer ses obligations dans le cadre de l’accord de Ciel ouvert » , a-t-elle aussi fait valoir.

En avril dernier, le DoT avait déjà délivré une licence provisoire à NAI mais tardait à la rendre effective. L’approbation finale intervient quelques jours après que la Commission européenne a demandé un arbitrage sur la question, alléguant que ce retard constituait une violation de l’accord de Ciel ouvert.

Norwegian exploite actuellement des liaisons entre l’Europe et les États-Unis, mais sous licence norvégienne. Dans un communiqué, le groupe explique qu’avec NAI, il va pouvoir passer à une nouvelle étape de son expansion transatlantique. En particulier, des lignes au départ de Cork en Irlande vers la côte Est des États-Unis sont envisagées.

Le retard subi par NAI « est malheureux et inutile, mais la décision du DoT ouvre la voie à une plus grande concurrence, à davantage de vols et d’emplois des deux côtés de l’Atlantique » , se félicite Norwegian.

Le dossier n’est pas complètement refermé. Norwegian attend également une licence pour sa filiale britannique, Norwegian Air UK (NUK). En outre, reste à connaître l’attitude de l’administration Trump qui sera mise en place le 20 janvier 2017.

Photo Boeing 787-8 de Norwegian. – © Norwegian

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