Crash en Colombie : la licence de la compagnie LaMia suspendue

Graham (scotland) CC BY-SA 2.0 : Avro RJ-85 de LaMia https://commons.wikimedia.org/wiki/File:LaMia_P4-LOR_at_EGPF,_Oct_2013.jpg?uselang=fr

La DGAC bolivienne (Dirección General de Aeronáutica Civil) a suspendu le certificat de transporteur aérien (CTA) de la compagnie LaMia dont un avion s’est écrasé en Colombie lundi soir.

Après ce drame qui a fait 71 morts parmi les 77 occupants de l’avion, les autorités boliviennes ont mis fin aux opérations commerciales de LaMia pour une durée indéterminée et remplacé des responsables de l’autorité de l’aviation civile pour assurer que l’enquête soit « transparente » .

Parti de Santa Cruz de la Sierra en Bolivie, l’Avro RJ-85 de LaMia s’est écrasé le 28 novembre alors qu’il approchait de l’aéroport José María Cordova de Medellin en Colombie. « Nous pouvons clairement affirmer qu’il n’y avait pas de carburant dans l’avion au moment de l’impact », a déclaré Freddy Bonilla, le secrétaire de la sécurité aérienne de la Colombie. Ce dernier a ajouté que le vol avait enfreint la réglementation internationale et locale qui impose aux avions de transporter suffisamment de carburant pour faire face aux contingences. Cette réglementation prévoit une réserve de 30 minutes après la destination.

Le plan de vol, approuvé par les autorités boliviennes, était direct et ne comportait pas d’escale pour se réapprovisionner, ont déclaré Freddy Bonilla et le directeur de l’aviation civile colombienne, Alfredo Bocanegra.

Des médias brésiliens, citant un document interne, rapportent qu’une employée de l’aviation civile bolivienne avait demandé à LaMia de modifier son plan de vol car la durée prévue du trajet, 4h22 était à la limite des possibilités de l’avion. Selon ces médias, cette fonctionnaire n’a pas pu empêcher le vol.

Le directeur général de LaMia, Gustavo Vargas, a quant à lui expliqué que le plan de vol initial, prévoyant un ravitaillement en carburant à Cobija, ville bolivienne à la frontière avec le Brésil, a dû être modifié car l’avion est parti en retard et cet aéroport est fermé la nuit. « Mais nous avions une solution de rechange, un déroutement vers Bogota était possible, et il était de la responsabilité du pilote de se réapprovisionner s’il savait que le carburant venait à manquer » , s’est-t-il justifié.

L’enquête est menée par des experts de la Colombie, de la Bolivie, de l’AAIB du Royaume-Uni, du NTSB des États-Unis et des représentants du constructeur (British Aerospace) ainsi que du motoriste (Honeywell). Ces enquêteurs se sont rendus sur le site du crash le 1er décembre.

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