Air France : 35% des lignes long-courriers sont déficitaires

Boeing 777-300ER d'Air France à l'aéroport Paris Charles de Gaulle - Source Air France

C’est le président-directeur général d’Air France-KLM et président d’Air France qui l’affirme : 35% des lignes long-courriers d’Air France sont déficitaires, et 80% de ses lignes moyen-courriers à Paris-Charles de Gaulle. Un constat qui, aux yeux de Jean-Marc Janaillac, souligne le bien fondé de lancer une nouvelle compagnie à bas coûts.

Le dirigeant était invité mercredi 30 novembre par la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat. Après avoir rappelé qu’Air France-KLM est le premier employeur de la région Île de France et réalise un chiffre d’affaires de 25 milliards d’euros, dont 16,5 milliards pour Air France, il a confirmé que le groupe dégagerait un bénéfice opérationnel en 2016. Cependant, le résultat est « contrasté » selon les activités.

Pour Air France, l’activité domestique est « à peu près à l’équilibre » . Mais le réseau moyen-courrier est « déficitaire avec un déficit qui s’accroît » et seulement 20% des lignes à Roissy sont bénéficiaires, selon Jean-Marc Janaillac.

« L’activité long-courrier est positive mais avec quand même 35% des lignes qui ne sont pas bénéficiaires, et parmi celles-ci, 10% qui sont très lourdement déficitaires puisqu’elles nous font perdre 200 millions d’euros » , a-t-il aussi indiqué.

En comparaison, KLM enregistre 15% de lignes long-courriers déficitaires, « un équilibre à peu près normal » pour le secteur, a souligné Jean-Marc Janaillac plus tard durant l’audition.

Toutefois, le dirigeant a tenu à nuancer ces chiffres : « c’est normal dans un réseau que toutes les lignes ne soient pas bénéficiaires. On a besoin d’avoir des lignes qui complètent le réseau même si elles ne sont pas bénéficiaires. Jusqu’à présent, ce que l’on a fait pour diminuer la dette, c’est de couper les lignes. Le risque, c’est d’affaiblir le réseau (…) et le hub de Roissy avec moins de possibilités de connexions. C’est ce qu’on veut éviter en particulier en créant cette nouvelle compagnie » .

Celle qui répond pour le moment au nom de code « Boost » sera centrée sur « les marchés hyper-compétitifs » et servira à ouvrir de nouvelles lignes, à rouvrir des lignes fermées par manque de rentabilité et à conserver « des lignes menacées » , avait justement indiqué le groupe lors de la présentation du projet.

Cette nouvelle compagnie est conçue comme une réponse à la concurrence des compagnies du Golfe et des low cost. Son lancement pourrait intervenir dès le début de la saison hiver 2017 sur moyen-courrier et à l’été 2018 sur long-courrier.  Reste cependant à convaincre les syndicats. Les négociations ont repris cette semaine.

Photo : Air France

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