Airbus Group prévoit de supprimer jusqu’à 1.164 postes

Tom Enders, PDG d'Airbus Group - Photo Manuel Blondeau/AOP.Press/Capa Pictures

Airbus Group a annoncé mardi la suppression d’un maximum de 1.164 postes dans le cadre de sa réorganisation structurelle. Plus de la moitié des postes seront supprimés en France, selon les syndicats qui s’inquiètent de possibles licenciements secs.

Après avoir révélé fin septembre son projet de fusionner avec Airbus, sa branche d’aviation commerciale et sa principale filiale, Airbus Group a présenté l’impact social à son Comité d’entreprise central européen hier 29 novembre. Le plan dénommé Gemini prévoit « une réduction progressive » de l’effectif actuel portant sur un maximum de 1.164 postes sur les 136.000 que compte le groupe. Seront essentiellement concernées les fonctions support et les fonctions intégrées (finances, ressources humaines, communication,…) ainsi que l’organisation CTO (Chief Technology Office), autrement dit la recherche.

En parallèle, le groupe indique qu’il va « finaliser » le déménagement à Toulouse du siège de la société qui était précédemment basé à Paris et Munich. 325 postes vont ainsi être transférés dans la ville rose. Dans un même temps, Airbus Group va créer 230 postes « en vue de sécuriser les compétences essentielles nécessaires pour assurer l’avenir de la société en cette ère de transformation digitale » .

Airbus Group va à présent discuter des mesures sociales avec les syndicats et prévoit d’aboutir à un accord mi-2017. Parmi les mesures envisagées, sont évoqués les départs volontaires, les redéploiements au sein du groupe et les retraites anticipées. « Tout sera mis en oeuvre pour trouver des solutions adaptées et basées sur du volontariat » , a assuré à l’AFP Thierry Baril, le directeur des ressources humaines du groupe. Cependant, « si début 2018 nous devions constater que ces mesures ne sont pas suffisantes, nous serions obligés de considérer des mesures de licenciements économiques contraints » , a-t-il poursuivi.

De tous les pays où est implanté le groupe, la France serait la plus touchée par le plan Gemini, avec 640 suppressions de postes sur les 1.164 et la fermeture du site de Suresnes en région parisienne, selon la CFE-CGC. Le syndicat se dit inquiet « du nombre de suppressions de postes, des conséquences sur la santé des salariés déjà malmenés par 2 plans sociaux depuis 2013, visant ces mêmes fonctions, et du risque de sacrifier des intérêts de long terme (comme la recherche) à des ambitions de court terme » . La CFE-CGC exige « un traitement social exemplaire » et n’acceptera qu’un plan de départ volontaire.

FO, qui se présente comme la première organisation syndicale dans le groupe, n’acceptera elle aussi « aucun licenciement sec » . Elle exige des solutions de reclassement en région parisienne pour les personnels qui ne peuvent accepter une mobilité sur Toulouse, et des reclassements de proximité pour les salariés des services partagés. Le syndicat demande également un plan de formation spécifique pour les salariés concernés et des possibilités de substitution avec les personnels des entités non concernés par Gemini. « Dans tous les cas, le devenir des salariés dans le cadre du traitement social aura une forte incidence pour le maintien de l’équilibre social dans le Groupe Airbus » , prévient FO.

Airbus Group a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de 64,5 milliards d’euros et son carnet de commandes atteint le record de près de 1.000 milliards d’euros, soit 8 à 10 ans de production. La fusion de sa structure groupe avec sa division d’aviation commerciale à compter du 1er janvier 2017 vise « à renforcer sa compétitivité future et à conserver sa place de leader mondial de l’industrie aérospatiale » , a expliqué Tom Enders, le PDG. Dans le cadre de cette nouvelle organisation, Airbus Defence and Space et Airbus Helicopters conserveront leur statut de divisions du groupe.

Photo : Tom Enders, PDG d’Airbus Group – Crédit : Manuel Blondeau/AOP.Press/Capa Pictures/Airbus Group

 

Dites ce que vous pensez !