Les États-Unis refusent qu’American et Qantas renforcent leur partenariat

Boeing 777-300ER d'American Airlines à Sydney - Source Qantas

C’est un revers pour American Airlines et Qantas : le Département américain des transports (DoT) a refusé provisoirement que les deux compagnies aériennes renforcent leur partenariat existant, expliquant que cela créerait un environnement anti-concurrentiel.

American et Qantas souhaitaient approfondir leur collaboration entre les États-Unis et l’Australie / Nouvelle-Zélande. À cet effet, elles ont déposé en juin 2015 une demande d’immunité anti-trust auprès du DoT afin de pouvoir coordonner leurs horaires et leurs tarifs, et partager les recettes sur ces liaisons. De cette manière, les deux compagnies aériennes auraient agi comme un seul et unique transporteur sur les marchés concernés.

Dans une ordonnance rendue le 18 novembre, le DoT estime que l’alliance renforcée créerait un environnement anti-concurrentiel « étant donné l’ampleur de cette co-entreprise » . Selon son analyse, American et Qantas représenteraient alors près de 60% du trafic entre les États-Unis et l’Australie et domineraient sur 200 itinéraires entre les deux pays, ce qui serait « suffisant pour que l’alliance exerce son pouvoir sur le marché » .

Le DoT refuse donc, à titre provisoire, d’accorder l’immunité anti-trust aux deux compagnies aériennes. Les parties intéressées disposent d’un délai de 14 jours pour faire valoir leurs arguments. American Airlines a d’ores et déjà fait savoir qu’elle apporterait des objections à cette décision. « D’autres compagnies aériennes disposent d’un avantage concurrentiel au travers de l’immunité anti-trust sur le marché États-Unis – Australasie » , a-t-elle précisé.

American Airlines et Qantas ont commencé à partager leurs codes en 1989. Elles ont ensuite participé ensemble à la création de l’alliance Oneworld en 1999, puis ont signé un accord de coopération renforcée en 2011 (sans les bénéfices de l’immunité anti-trust).

En Océanie, American Airlines dessert Auckland et Sydney depuis Los Angeles. De son côté, Qantas relie Sydney à Dallas, Los Angeles, New York-JFK et San Francisco, ainsi que Brisbane et Melbourne à Los Angeles. La compagnie australienne dessert aussi Honolulu depuis Sydney mais ne demandait pas que cette liaison bénéficie de l’immunité anti-trust.

Selon l’analyse du DoT, Qantas à elle toute seule représentait 41% de l’offre de sièges entre les États-Unis et l’Australasie sur la période du 3e trimestre 2015 (American Airlines n’avait pas encore ouvert ses liaisons) ; l’alliance United / Air New Zealand 29% ; l’alliance Delta / Virgin Australia 16% ; Hawaiian Airlines 9% ; Cathay Pacific 1% ; Fiji Airways 1% ; et les autres 3% ; pour un total de 3,4 millions de sièges offerts.

Photo : Boeing 777-300ER d’American Airlines à Sydney – Source Qantas