Emirates demande des mesures contre les drones à Dubai

Emirates : Airbus A380 à l'aéroport de Dubai-International

Emirates Airline demande aux autorités de prendre « des mesures énergiques » pour empêcher les incursions de drones non autorisés dans l’espace aérien de l’aéroport Dubai-International, qui se sont multipliés récemment et lui ont déjà coûté plusieurs centaines de milliers d’euros tout en impactant des milliers de passagers.

Emirates semble à bout de patience. Dans un communiqué le 1er novembre, la compagnie explique qu’il y a eu depuis juin dernier trois incidents liés à l’activité non autorisée de drones qui ont résulté dans la fermeture de l’espace aérien de son hub à Dubai-International.

Pas plus tard que le 29 octobre, l’aéroport a été fermé pendant 80 minutes, provoquant le déroutement de 22 vols à l’arrivée, dont 11 exploités par Emirates. En ce qui la concerne, la compagnie a dérouté ses avions vers d’autres aéroports aux Emirats arabes unis, et ces appareils ont ensuite regagné Dubai-International avec des retards allant de 2 à 4 heures. Les conséquences se sont prolongées et ont eu un effet ricochet : deux autres avions d’Emirates ont dû se dérouter pour permettre que l’aéroport rétablisse le cours normal de ses opérations ; d’autres vols à l’arrivée ont été retardés en raison de la congestion de l’espace aérien ; de même, des vols au départ dû attendre les passagers en correspondance. Au total, Emirates évalue à plus de 5.000 le nombre de voyageurs affectés lors de cette journée.

Un mois plus tôt en septembre, l’aéroport a été fermé pendant une demi-heure pour la même raison, ce qui a entraîné des retards pour 85 vols d’Emirates au départ, soit un retard cumulé de plus de 57 heures (ou un retard moyen de 40 minutes par vol). En juin, l’aéroport a été fermé au trafic aérien pendant plus d’une heure également en raison d’une incursion de drone, entraînant le déroutement de treize vols pour la seule Emirates et de nombreux retards.

Adel Al Redha, directeur des opérations d’Emirates, souligne que tout ceci est non seulement « coûteux » pour la compagnie, mais a également « un impact négatif sur la réputation d’Emirates » , tandis que les passagers en subissent les inconvénients. « Dérouter un avion vers un aéroport alternatif et gérer les retards à l’arrivée ou au départ n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Il y a toujours des conséquences sur la suite des opérations » , déclare le responsable. Il cite parmi les problèmes rencontrés les correspondances, la prise en charge des clients, les retours d’avions pour permettre les autres vols prévus, les perturbations en termes d’équipages, de restauration ou de services d’assistance au sol.

Adel Al Redha reconnaît que la fermeture de l’espace aérien en cas d’incursion de drones non autorisés « est la bonne chose à faire » . Toutefois, « le risque pour la sécurité lié à cette activité illégale et les perturbations qui en résultent pour les clients et les opérations est inacceptable. Nous demandons aux autorités de prendre des mesures énergiques et d’imposer des sanctions pour décourager les événements futurs, et envisager également la mise en place de détecteurs de drones à l’aéroport » , déclare le responsable des opérations d’Emirates.

La compagnie a quelques chances d’être entendue : son président, Sheikh Ahmed bin Saeed Al Maktoum, est également le président de la Dubai Civil Aviation Authority (DCAA), l’équivalent de la DGAC en France.

Photo Emirates : Airbus A380 à l’aéroport de Dubai-International