La remise de la Légion d’honneur à la DG d’easyJet ne passe pas auprès du SNPL

easyjet_legion_d_honneur_carolyn_mccallLa France vient de remettre la Légion d’honneur à Carolyn McCall, la directrice générale d’easyJet. Le Bureau SNPL easyJet s’interroge sur cette attribution.

Carolyn McCall a été décorée le jeudi 13 octobre de la Légion d’honneur par l’Ambassadeur de France au Royaume-Uni, Sylvie Bermann. « Des millions d’Européens ont pu découvrir la France et des millions de Français ont visité de nouvelles destinations européennes via easyJet » , a souligné à cette occasion l’ambassade de France.

« En France, easyJet emploie plus de 1000 personnes sous contrats locaux, sur ses cinq bases. Grâce à un partenariat local avec l’Ecole nationale de l’aviation civile (ENAC) à Toulouse, EasyJet a recruté 22 cadets en deux ans. La compagnie opère une des plus grandes flottes d’avions Airbus au monde » , a aussi expliqué l’Ambassade.

L’Ambassadeur Bermann a pour sa part déclaré : « cette remise de Légion d’honneur vient reconnaître les efforts de Carolyn et de son équipe, dont ont pu bénéficier la France et le Royaume-Uni sur les plans économique et industriel, permettant à des millions de citoyens de voyager et de découvrir l’Europe grâce à des prix abordables et un service de qualité. C’est également pour votre soutien important aux femmes, et plus particulièrement aux femmes pilotes, que la France vous décore aujourd’hui » .

Apparemment, le bureau easyJet du SNPL n’est pas convaincu. Dans un communiqué le 20 octobre, le syndicat de pilotes dit accueillir avec « circonspection » cette décoration, remise selon lui « dans la plus grande discrétion » et qui « n’est pas sans rappeler celle du PDG de Qatar Airways, il y a un peu plus d’un an » .

« Certes, l’attribution de cette haute distinction ne peut que contribuer au renforcement des liens entre easyJet et ses salariés basés en France et il serait injuste de ne pas féliciter Mme McCall à cette occasion. Toutefois, sachant qu’easyJet dit « opérer une des plus grandes flottes d’avions Airbus au monde » , faut-il voir dans ce geste un acte récompensant l’achat de 135 A320 en 2014 ? » , s’interroge le syndicat.

« De même, si l’on ne peut nier l’impact positif de l’expansion d’easyJet en France (baisse des prix pour les voyageurs, augmentation de l’offre au départ des aéroports français, création d’emplois durables, etc.), ce tableau idyllique apparaît en décalage avec la réalité de la vie dans l’entreprise telle qu’elle est vécue par ses salariés » , poursuit-il.

Pour le Bureau SNPL easyJet, cette récompense « est loin de faire oublier les difficultés du dialogue social en interne » . Le syndicat évoque aussi « une pression et un stress de plus en plus forts » au sein de la compagnie, en raison de « la pénibilité des plannings, l’utilisation des limites les plus hautes permises par la réglementation en matière de temps de travail, la non prise en compte des alertes à l’épuisement » .

« Au-delà des questions légitimes sur les motivations réelles du Gouvernement français cachées derrière cette décoration, le Bureau SNPL easyJet rappelle à ce dernier les nombreuses questions sociales qui restent en suspens au sein de la compagnie et qui n’ont toujours pas fait l’objet d’un traitement adapté par la récipiendaire de cette Légion d’Honneur » , conclut le syndicat.

Photo : Carolyn McCall (gauche) et l’Ambassadeur Bermann (droite) – © Ambassade de France au Royaume-Uni