Air France propose aux PNC de prolonger les accords actuels jusqu’en février

Airbus A380 d' Air France - © Air France

Air France propose à ses hôtesses et stewards (PNC) de prolonger jusqu’à fin février l’accord d’entreprise qui expire à la fin du mois, le temps de négocier un accord de longue durée demandé par les syndicats. L’un d’eux, l’UNAC, a signé cette prolongation. Mais pour être applicable, le texte doit être signé par au moins une autre organisation représentative des PNC. Réunis en intersyndicale, le SNPNC et l’UNSA-PNC consultent leurs adhérents.

Air France tente d’avancer avec les syndicats représentatifs d’hôtesses et stewards alors que les accords d’entreprise (accord collectif PNC sur les conditions de travail et de rémunération, accord base Province, accord sur les compositions équipage), conclus initialement pour une durée de cinq ans, expirent au 31 octobre 2016.

La compagnie avait proposé cet été de les prolonger jusqu’en mars 2018, alors que les syndicats demandaient qu’ils soient reconduits pour cinq ans, soit jusqu’en octobre 2021. Ce désaccord avait abouti à ce que l’UNSA-PNC et le SNPNC, réunis en intersyndicale déclenchent une grève de quinze jours fin juillet et début août 2016. L’UNAC ne s’était pas jointe au mouvement et avait reporté son préavis à octobre.

Après la grève, les discussions ont repris fin août, début septembre. Lors de la dernière réunion qui s’est tenue vendredi 7 octobre, la direction a proposé aux syndicats de prolonger de quatre mois les accords existants, du 1er novembre 2016 au 28 février 2017. Le texte maintient en l’état « l’intégralité des règles de rémunération, de repos, de congés et d’utilisation des PNC » , avec des améliorations sur les compositions d’équipage moyen- et long-courrier et les jours de congés, a indiqué l’UNAC dans un tract intitulé « Farce et attrape » .

Cette prolongation est destinée à laisser du temps à la négociation d’un accord de plus longue durée. Dans le cadre des discussions à venir, la direction d’Air France s’engage à aborder des thèmes concernant notamment la qualité des plannings (stabilité, visibilité, préférences, etc.), la définition de critères de périmètre de l’emploi ou encore l’option transport avion, toujours selon l’UNAC.

Le syndicat annonce ainsi que, « fort de ces avancées et considérant que cet accord n’est qu’une prolongation de la négociation » , il a apposé sa signature sur ce projet après consultation de ses instances ce week-end.

Pour autant, le texte ne sera applicable que si au moins un autre syndicat représentatif le signe aussi (pour atteindre une représentativité d’au moins 30% des PNC).

À défaut, la direction d’Air France serait en mesure d’appliquer unilatéralement ses propres conditions dès le 1er novembre. Elle a cependant « promis » à l’UNAC d’appliquer les règles actuelles. Mais le syndicat s’inquiète : « tiendra-t-elle sa promesse si la situation se dégrade ou si le plan stratégique (qui sera présenté par Jean-Marc Janaillac début novembre, ndlr) vient modifier nos équilibres ? Se privera-t-elle « d’adapter » nos règles à sa guise ? » , se demande-t-il en indiquant que la balle est maintenant dans le camp des deux autres syndicats.

De leurs côtés, l’UNSA-PNC et le SNPNC invitent actuellement leurs adhérents à voter pour ou contre l’accord de prorogation. Le scrutin est ouvert jusqu’au lundi 17 octobre minuit.

Crédit photo Air France