Le transport aérien s’engage pour une croissance carbone-neutre

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Les 191 pays membres de l’OACI ont signé le 6 octobre 2016 à Montréal un accord en vue de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre (GES) grâce à une croissance neutre en carbone.

Lors de la 39e Assemblée générale de l’OACI, les pays membres de cette agence spécialisée de l’ONU ont accepté de mettre en place le Régime de compensation et de réduction de carbone pour l’aviation internationale (dont l’acronyme est CORSIA en anglais). Le mécanisme vise à maintenir d’ici à 2035 les émissions de GES au niveau qui sera observé en 2020.

Sa mise en œuvre commencera par une période de participation volontaire (2021-2026), à laquelle 65 pays ont déjà adhéré, dont tous les États de l’Union européenne, mais aussi la Chine et les États-Unis. Le CORSIA couvrira ainsi dès son application plus de 80% de la croissance après 2020.

La phase suivante (2027-2035) verra tous les membres du Conseil de l’OACI participer obligatoirement. Des exemptions sont néanmoins prévues pour certains pays en voie de développement.

L’accord concerne uniquement les liaisons internationales, responsables aujourd’hui d’environ 1,3% des émissions de GES dans le monde (contre 2% pour la totalité du transport aérien). De nombreux acteurs de l’industrie se sont félicités de cette signature. « La signification historique de cet accord ne peut être surestimée » , a ainsi déclaré Alexandre de Juniac, le directeur général de l’IATA, qui regroupe quelque 265 compagnies aériennes assurant 83 % du trafic aérien mondial.

« L’accord sur le CORSIA a transformé le travail de plusieurs années de préparation en une solution efficace permettant aux compagnies aériennes de gérer leur empreinte carbone. L’accord garantit que les contributions économiques et sociales de l’industrie aérienne s’accompagneront d’efforts de pointe en vue d’assurer sa durabilité. Avec le CORSIA, l’aviation demeure à l’avant-garde des industries qui combattent les changements climatiques » , a poursuivi le dirigeant.

Pour autant, l’association estime que le CORSIA, « en soi » , ne conduira pas à l’avenir durable de l’aviation. Il viendra compléter d’autres mesures portant sur l’amélioration des technologies, des opérations et des infrastructures. « Les compagnies aériennes vont poursuivre leurs investissements dans les nouvelles technologies, en particulier les nouveaux aéronefs et les carburants de remplacement durables, afin d’améliorer leur bilan environnemental. Et nous allons continuer de demander aux gouvernements de participer à l’effort, en investissant dans la modernisation de la gestion du trafic aérien et en adoptant des politiques susceptibles de favoriser la commercialisation des carburants de remplacement durables pour l’aviation » , a indiqué M. de Juniac.

L’IATA souligne par ailleurs que le CORSIA, pour qu’il soit « équitable et n’entraîne pas de distortion du marché« , tiendra compte des situations spéciales comme celles des compagnies aériennes en croissance rapide ou ayant déjà fait des efforts considérables pour améliorer leurs résultats environnementaux.

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