Brexit, grèves, attentats : easyJet souffre mais ne baisse pas les armes

easyJet : Airbus A320

À un mois de la publication de ses résultats, easyJet a prévenu jeudi que son bénéfice annuel serait nettement inférieur à celui de l’exercice précédent en raison des mouvements de change sur fond de Brexit, des grèves qui ont perturbé son réseau et d’une demande en baisse après les événements terroristes. Tout cela n’empêche pas la compagnie britannique d’annoncer un programme record pour le printemps 2017.

easyJet a annoncé le 6 octobre que son bénéfice annuel avant impôts s’établirait entre 490 et 495 millions de livres sterling pour l’exercice clos au 30 septembre 2016, soit environ 28% de moins qu’un an plus tôt.

Le nombre de passagers transportés progresse pourtant de 6,6% pour les douze derniers mois (73,1 millions contre 68,6 millions l’année dernière). Mais « nous avons été affectés de manière disproportionnée par des événements inhabituels cette année » , explique la directrice générale Carolyn McCall dans un communiqué.

easyJet met en avant un « environnement opérationnel difficile pour toutes les compagnies aériennes en Europe » . Elle évoque des « perturbations majeures » sur son réseau, après les grèves des contrôleurs aériens en France et celles de ses pilotes aux Pays-Bas. La volatilité des changes consécutive au vote des électeurs britanniques en faveur du Brexit a impacté ses comptes à hauteur de 90 millions de livres sterling. La compagnie mentionne aussi une baisse de la demande après les événements terroristes, tandis que la baisse des prix du carburant a eu pour effet négatif d’inciter la concurrence à augmenter la capacité et d’intensifier la guerre des prix.

easyJet voit ainsi le taux de remplissage de ses avions baisser de 2 points au dernier trimestre (91,1%) bien qu’il soit stable (+0,1 point) sur les douze derniers mois. Elle s’attend à une baisse de 8,7% de son revenu unitaire par siège à change constant pour le dernier trimestre de l’exercice.

Pour l’année à venir, easyJet va poursuivre ses investissements, avec en corollaire une hausse attendue de 1% du coût par siège d’ici le 30 septembre 2017. A cela pourrait s’ajouter notamment le coût associé à l’établissement d’un certificat de transporteur aérien (CTA) dans un autre pays de l’Union européenne, prévient la compagnie. Elle veut en effet s’assurer de conserver un libre accès au marché unique européen en cas de Brexit avéré.

Face à l’adversité, easyJet ne baisse pas les armes. « L’histoire montre que dans des temps comme ceux-ci, ce sont les compagnies aériennes les plus fortes qui deviennent encore plus fortes. Nous continuerons d’investir pour le succès à long terme de nos affaires, en établissant des positions de marché toujours plus solides, en délivrant un excellent service à nos clients et en rendant possibles de nouvelles opportunités de revenus pour le futur » , affirme Carolyn McCall.

La compagnie annonce aussi dans un communiqué séparé « un programme record » pour le printemps 2016. De fin mars à fin juin l’année prochaine, elle opèrera plus de 138.700 vols, lui permettant de proposer 23,5 millions de sièges, dont 16,1 millions pour le marché britannique ou 5 millions pour le marché français.

Photo easyJet : Airbus A320