IATA : les passagers turbulents sont de plus en plus nombreux

passagers dans un avion

L’Association du transport aérien international (IATA) a constaté une augmentation du nombre d’incidents impliquant des passagers turbulents à bord des avions en 2015. Pour son nouveau directeur général, Alexandre de Juniac, davantage de gouvernements doivent ratifier le Protocole de Montréal qui renforce les dispositions existantes.

L’IATA a annoncé le 28 septembre que 10.854 incidents impliquant des passagers turbulents lui ont été signalés l’an dernier par ses compagnies membres, soit une augmentation de 16% en comparaison de 2014.  Une hausse largement supérieure à celle du trafic sur la période (6,2% selon l’organisation).

La majorité des incidents se rapportaient à des abus verbaux, au refus de suivre les instructions des membres d’équipage et à d’autres formes de comportements antisociaux. Une proportion notable (11%) des rapports signalaient des agressions physiques contre des passagers ou des membres d’équipage ou des dommages à l’aéronef. L’intoxication par l’alcool ou la drogue a été identifiée comme facteur dans 23% des cas.

Pour Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA depuis le début du mois, « les comportements indisciplinés et turbulents sont tout simplement inacceptables » . Celui qui a présidé Air France-KLM pendant 3 ans explique que le comportement « d’une toute petite minorité de clients » peut avoir « des conséquences fâcheuses sur la sécurité et le confort de toutes les personnes à bord » .

Il faut « davantage de mesures dissuasives »  et « c’est pourquoi nous encourageons les gouvernements à ratifier le Protocole de Montréal de 2014″ , poursuit Alexandre de Juniac.

En vigueur depuis 1963, la Convention de Tokyo a été modernisée par le Protocole de Montréal de 2014, pour combler les vides qui subsistaient dans le cadre juridique international concernant les passagers turbulents. À ce jour, six États ont ratifié le protocole, dont la France en juin dernier. « Il en faut plus afin d’en arriver à une approche uniforme de ce problème » , ajoute Alexandre de Juniac. Le Protocole de Montréal nécessite en effet d’atteindre 22 ratifications pour rentrer en vigueur.

Photo Chris Brignola CC0