L’homologation des tarifs ADP 2016 ne passe pas auprès de certaines compagnies aériennes

CC BY-SA 3.0 CC Dmitry Avdeev : Aéroport Paris Charles de Gaulle (2005) https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Paris_-_Charles_de_Gaulle_(Roissy)_(CDG_-_LFPG)_AN0844044.jpg?uselang=fr

Le Syndicat des compagnies aériennes autonomes (SCARA), qui regroupe des compagnies aériennes françaises hors groupe Air France, juge « incompréhensible » que l’Autorité de Supervision Indépendante (ASI) ait homologué les tarifs du groupe Aéroports de Paris pour l’année 2016. Selon le syndicat, la nouvelle autorité démontre ainsi qu’elle est « sous influence » .

L’ASI a homologué le 1er septembre la grille tarifaire d’ADP pour la période d’avril 2016 à mars 2017, un mois après avoir refusé une première proposition. Elle a estimé que la nouvelle proposition du groupe aéroportuaire entraine une augmentation tarifaire dont le montant “peut être regardé comme modéré” .

Or, cette nouvelle grille tarifaire d’ADP  « n’est pas plus modérée que celle refusée le mois dernier par l’ASI » , selon le SCARA qui fournit un tableau à l’appui de sa démonstration (ci-dessous). Alors que l’ASI indique que  la hausse de la taxe d’atterrissage « est partiellement compensée » par la baisse du tarif de la redevance passagers, cette compensation est « de l’ordre de seulement 10% » pour le SCARA, et elle ne s’applique ni aux compagnies cargo, ni aux compagnies passagers qui volent pour le compte de tiers (tour-opérateurs ou courtiers aériens).

La nouvelle structure tarifaire d’ADP représente une augmentation de tarifs « pouvant aller jusqu’à 100% » pour les compagnies qui exploitent des avions petits porteurs, selon le syndicat. Cette augmentation s’applique sur une année, « exigeant des compagnies un effort financier démesuré pour certaines d’entre elles » . Le SCARA avait demandé à ce que la mise en place de cette nouvelle structure tarifaire soit lissée sur la durée du nouveau contrat de régulation économique (CRE) 2016/2020 afin que les compagnies aériennes puissent la planifier, et non pas applicable immédiatement.

Le SCARA déplore que cette demande n’ait pas été entendue et regrette de « constater que l’ASI vient de démontrer qu’elle n’est pas indépendante » . L’occasion pour lui de rappeler que cette autorité est rattachée au CGEDD (Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable), lui-même placé sous l’autorité du Ministre chargé des transports.

« En matière de régulation économique le transport aérien ne bénéficie donc toujours pas du même traitement que les autres secteurs de l’industrie et d’une autorité réellement indépendante telles que l’ARAFER (Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières) ou l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) » , conclut le syndicat.

Le SCARA regroupe les compagnies aériennes Air Tahiti, Air Tahiti Nui, Air Saint Pierre, Air Austral, Ewa Air, ASL Airlines France, Air Corsica, Air Calédonie et Atlas Atlantic Airlines.

Scara_ADP2016

Photo principale CC BY-SA 3.0 CC Dmitry Avdeev : Aéroport Paris Charles de Gaulle (2005)