Air France : 10% des PNC souffriraient du mal des montagnes à bord de l’A380

Airbus A380 d' Air France - © Air France

Selon le syndicat SNPNC, un dixième des hôtesses et stewards (PNC) sont sujets au mal des montagnes sur l’Airbus A380 d’Air France. En cause, une montée en altitude très rapide et un faible taux d’hygrométrie en cabine.

Air France a réceptionné son premier A380 en octobre 2009 et opère aujourd’hui dix de ces appareils. « Depuis sa première mise en ligne, de nombreux PNC nous ont rapporté des problèmes de santé consécutifs à une rotation sur ce type avion » , indique le 31 août le SNPNC dans un tract intitulé « les bonheurs de l’A380 » .

Le syndicat affirme que sur cet avion, 10% des PNC sont sujets au mal des montagnes. Ce qu’il explique par « la rapidité exceptionnelle de l’ascension de l’A380″ et « l’altitude cabine en croisière » qui atteint 2.500 mètres. A cela s’ajoute « un taux d’hygrométrie qui peut descendre à moins de 5% » quand « dans toute entreprise française, l’employeur est tenu de prendre des mesures, dès lors que le taux d’hygrométrie sur le lieu de travail atteint 40% » .

Le syndicat décrit le mal aigu des montagnes (MAM) comme « un syndrome de souffrance, lié à une montée trop rapide en haute altitude, à l’absence d’acclimatation progressive et à une sensibilité personnelle plus ou moins importante en fonction des physiologies de chacun« . Et de lister les différents symptômes : céphalées, nausées et vomissements, insomnie, fatigue générale, lassitude, vertiges, troubles de l’équilibre, dyspnée et inappétence.

« Les médecins du travail ne préconisent pas un traitement médicamenteux mais privilégient plutôt un examen complémentaire » , ajoute le SNPNC. Il invite ainsi les PNC ressentant ces symptômes à se rapprocher du service médical d’Air France qui leur prescrira un examen. Entièrement pris en charge par l’entreprise, celui-ci est à effectuer dans un service spécialisé de l’hôpital Avicenne de Bobigny. Les PNC qui seront diagnostiqués sujets « au mal des montagnes » pourront se voir prescrire par la médecine du travail Air France, une restriction médicale pour l’A380.

Le syndicat précise qu’il existe aujourd’hui au sein de la compagnie une mesure de précaution préservatrice de restriction à 2 vols en A380 par mois en alternance. « La médecine du travail Air France souhaite maintenir cette mesure, bien que la DGAC soit contre » , ajoute-t-il.

Selon lui, il est par ailleurs « aberrant » qu’Air France programme des dessertes en altitude comme Johannesburg et Mexico « car cela prolonge durant l’escale les symptômes d’inconfort ressentis à bord » .

Au passage, le SNPNC ajoute que la démarche de Boeing est « très différente » de celle d’Airbus. Les Boeing 787, dont Air France commencera à prendre livraison à la fin de l’année, « ont une altitude cabine inférieure, c’est une volonté du constructeur qui s’adapte à sa clientèle et donc aux personnels navigants » . Le syndicat détaille que sur cet appareil, « l’air ne viendra pas des réacteurs mais d’un compresseur écartant ainsi les effets destructeurs et irréversibles du ‘syndrome aérotoxique’. Les 787 seront également équipés d’humidificateurs » .

Photo Air France : Airbus A380

3 thoughts on “Air France : 10% des PNC souffriraient du mal des montagnes à bord de l’A380

  1. Etrangement ce « mal » ne se produit que sur les A380 d’Air France. Aucune mention de ce probeème chez les PNC d’Emirates, Singapour , British Airways, Lufthansa , Korean, Qantas, Thai, Etihad etc.
    Cela doit etre un mal typiquement Francais : celui de devoir bosser en echange d’un salaire et d’avantages.
    Une nouvelle occasion pour les syndicats de se faire remarquer . Une solution : supprimer les A380, les routes et les équipages qualifiés sur cet appareil chez AF . Une bonne facon de redresser Air France.

  2. Détrompez vous Romain, ce mal existe aussi chez EK, BA, LH et QF. EK et LH ont installé des humidificateurs à bord de certains 380 pour palier aux désagréments subits sur les longs vols, la solution n’a pas été retenu car les résultats escomptés n’étaient pas là et les frais de maintenance beaucoup trop élevés. FAAAA (syndicat navigant QF ) et UFO (syndicat LH) ont également fait remonter le problème. Ce n’est donc pas un mal typiquement français, désolé de vous décevoir.

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