Aigle Azur se prépare à une nouvelle semaine de grève

Aigle Azur : Airbus A320

Après le mouvement de fin juillet / début août, Aigle Azur prend des mesures pour minimiser l’impact d’une nouvelle grève déclenchée par le SNPL à partir de samedi et pour huit jours.

Alors que la section Aigle Azur du SNPL France ALPA appelle les pilotes à cesser le travail pour la période du 27 août au 3 septembre 2016 inclus, la direction d’Aigle Azur a initié un recours à la médiation pour sortir du conflit avec le syndicat. « Des réunions de médiation sont toujours en cours » , indique la compagnie aérienne le 24 août.

Cependant, Aigle Azur ajoute qu’elle « est d’ores et déjà en train de mettre en place des solutions préventives, afin d’éviter le plus possible des perturbations de vols et transporter l’ensemble de ses passagers dans cette période de forte affluence » .

Mesure de prudence ou pessimisme sur l’issue des discussions, chacun se fera une idée. Aigle Azur et le SNPL s’opposent sur les conditions de travail et de rémunération des pilotes.

Le syndicat a fait savoir au début de l’été que les demandes « portent basiquement sur le respect de la réglementation en termes d’organisation du travail, de contrat de travail et d’environnement de travail juste et équitable” .

De son côté, la direction d’Aigle Azur a précisé la semaine dernière qu’elle a accepté les demandes du syndicat sur des aménagements de planning dès septembre 2016, et ce bien qu’elle soit aujourd’hui “en parfaite conformité avec la réglementation sur l’organisation du travail” . La compagnie a aussi ajouté que les discussions butent sur des revendications salariales auxquelles elle ne peut répondre favorablement en raison “de sa profitabilité et de ses coûts salariaux” et “au regard de l’environnement concurrentiel” .

Le précédent mouvement, du 28 juillet au 4 août 2016, a été suivi par 28% des pilotes et a impacté 24.000 passagers, 150 vols ayant subi des annulations ou des modifications d’horaires ou d’appareils, selon les chiffres d’Aigle Azur. La compagnie, qui a notamment eu recours à des solutions d’affrètement, a évalué à 3,5 millions d’euros le coût de cette grève.

Pour autant, Philippe Benban, vice-président du SNPL, estime dans une interview avec le site tourmag.com ce mercredi que « satisfaire les revendications des pilotes coûteraient 200 000 à 300 000 euros par an et permettrait de les remotiver » . « La rémunération à la journée de vol est aujourd’hui revenue au même niveau qu’il y a huit ans, soit une chute de 26% » , déplore également le responsable syndical.

Alors qu’elle accumule des pertes depuis plusieurs années, Aigle Azur a estimé qu’un second mouvement « pourrait fortement nuire » à son avenir.

Photo Aigle Azur : Airbus A320