Lufthansa s’attend à une fin d’année difficile

Airbus A380 de Lufthansa en vol - © Lufthansa

Lors de la publication de ses résultats financiers pour le 1er semestre 2016, le groupe Lufthansa a prévenu qu’il s’attend à une deuxième partie de l’année difficile en raison d’une demande en baisse et de pressions sur les prix des billets. Il continue ses mesures de réduction de coûts et revoit à la baisse la croissance de sa capacité.

« Notre secteur doit se préparer à un second semestre difficile » , a prévenu dans un communiqué le 2 août Carsten Spohr, le président du groupe Lufthansa, constitué des compagnies aériennes Lufthansa, SWISS, Austrian Airlines et Eurowings. « Les attaques terroristes en Europe et aussi les incertitudes politiques et économiques ont de plus en plus un impact tangible sur les volumes de passagers. Les réservations anticipées, en particulier pour nos services long-courriers vers l’Europe, ont diminué de façon significative. Nous prévoyons que la pression sur les prix se poursuive » , a-t-il détaillé.

Les résultats du 1er semestre sont déjà porteurs des difficultés annoncées : le chiffre d’affaires global du groupe s’élève à 15,0 milliards d’euros, soit une baisse de 2,1% en comparaison des six premiers mois de 2015. Malgré le nombre de passagers plus élevé, les recettes directement liées au trafic sont en baisse de 4,5% « en raison d’une forte pression sur les prix à la fois pour le transport de passagers et le fret » , explique Lufthansa. La recette unitaire est en baisse de 5,2% en un an (hors effets de change). Les routes vers l’Europe au départ de l’Amérique du Sud et de l’Asie montrent « une performance particulièrement faible » mais les marchés nord-américain et européen sont « relativement stables » .

Le bénéfice net est en recul de 55% pour le premier semestre 2016 (429 millions d’euros contre 954 millions d’euros un an plus tôt). Certes, Le groupe a bénéficié l’année dernière d’une transaction sur sa participation dans la low-cost américaine JetBlue, à hauteur de 503 millions d’euros. Mais même en excluant cet élément exceptionnel, le résultat net du premier semestre 2016 est « légèrement inférieur » à l’année précédente.

Cependant, l’EBIT (le bénéfice avant intérêts et impôts) augmente de 61 millions d’euros à 529 millions d’euros (+13%) grâce « à la fois aux prix du carburant et à des structures de coûts améliorées » . Le coût unitaire hors carburant et effets de change diminue de 1,3% au premier semestre par rapport à l’exercice précédent.

« Nous voyons des progrès dans tous les domaines que nous pouvons influencer nous-mêmes. Et ceci est particulièrement vrai pour nos structures de coûts et la croissance d’Eurowings, dont le développement progresse bien » , explique Carsten Spohr.

Avec ceci, le groupe Lufthansa s’attend à publier pour la totalité de l’exercice 2016 un bénéfice avant intérêt et impôt inférieur au 1,8 milliard d’euros de l’an dernier. Les réservations anticipées pour le 3 trimestre, habituellement le plus favorable, sont à un niveau « très faible » . La recette unitaire hors effets de change devrait reculer de 8 à 9% au second semestre, estime Lufthansa. En parallèle, le groupe se dit « confiant » dans sa capacité à réduire ses coûts unitaires (hors carburant et effets de change) de 2 à 3% pour la seconde moitié de l’année. La capacité pour l’ensemble de l’année 2016 progressera de 5,4% au lieu de 6% prévu initialement.

Photo Lufthansa