Privatisation des aéroports : l’Etat cède Nice à Atlantia et Lyon à Vinci

© Aéroports de la Côte d'Azur

Trois mois après avoir lancé le processus de privatisation, l’Etat a finalement décidé de céder sa participation dans la société Aéroports de la Côte d’Azur au consortium Azzura emmené par Atlantia, et celle dans la société Aéroports de Lyon à Vinci Airports.

Le consortium Azzura, constitué de Atlantia (65,01%), Aeroporti di Roma (10%) et EDF (24,99%), exploitera ainsi Nice-Côte d’Azur, troisième plateforme française, mais aussi les aéroports de Cannes-Mandelieu et Saint Tropez-La Mole, jusqu’en 2044. Azzura a été retenu lors du troisième tour d’enchères contre Vinci car « ce candidat offrait le meilleur projet de développement » et « est allé au-delà de ce que prévoyait le cahier des charges en donnant plus de place aux collectivités locales » qui ont toutes approuvé ce choix, a expliqué à Nice-Matin Emmanuel Macron, ministre de l’Economie.

Atlantia s’est félicité de la décision du gouvernement français en indiquant que « l’aéroport de Nice est un atout unique, servant l’une des principales destinations touristiques dans le monde, avec un fort potentiel de croissance » . Potentiel dont il entend tirer partie par l’exploitation de nouveaux marchés internationaux et le développement d’offres de services (boutiques, etc) orientées vers les passagers à fort pouvoir d’achat.

Le consortium constitué de Vinci Airports (51%), la Caisse des Dépôts et Consignations (24,5%) et Predica (24,5%), exploitera quant à lui Lyon-Saint Exupéry, quatrième aéroport français, et Lyon-Bron, jusqu’en 2047. Son offre s’est imposée face au groupe australien Macquarie allié à FFP, la holding de la famille Peugeot. « Le consortium emmené par Vinci Airports, qui dispose d’une expérience aéroportuaire solide, a présenté l’offre la mieux-disante tant du point de vue financier que s’agissant du projet de développement de long terme ambitieux pour la société Aéroports de Lyon (ADL), s’appuyant sur le dynamisme et l’attractivité du territoire rhônalpin, a indiqué le ministère de l’Economie dans un communiqué.

« Le consortium travaillera à accompagner et encourager la croissance du trafic et le développement des aéroports, tout en assurant la meilleure qualité de service aux passagers » , a fait savoir Vinci mercredi soir.

La cession de sa participation dans les deux aéroports devrait rapporter à l’Etat près d’1,8 milliard d’euros, dont 1,222 milliard pour Nice (vingt-deux fois son résultat d’exploitation) et 535 millions pour Lyon (vingt fois son résultat d’exploitation). Comme pour Toulouse-Blagnac privatisé l’année dernière (pour 308 millions d’euros), le produit de la cession sera consacré au désendettement et à la filière nucléaire.

Pour autant, le processus de privatisation des deux aéroports n’est pas terminé. Outre d’éventuels recours, les « candidats pressentis » comme les appelle Bercy, doivent encore passer le filtre de l’Autorité de la concurrence. Les contrats de cession devraient être signés à l’automne.

L’Etat détient aujourd’hui 60 % du capital de la société Aéroports de la Côte d’Azur, aux côtés de la Chambre de commerce et d’industrie de Nice-Côte d’Azur qui en détient 25 % et des collectivités territoriales (Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Département des Alpes-Maritimes, Métropole Nice Côte d’Azur) qui en détiennent chacune 5 %.

L’Etat détient également 60 % du capital de la société Aéroports de Lyon, aux côtés de la Chambre de commerce et d’industrie Lyon Métropole qui en détient 25 % et des collectivités territoriales : Métropole de Lyon (7%), Région Auvergne-Rhône-Alpes (5%), Département du Rhône (3%).

Photo © Aéroports de la Côte d’Azur