IATA, ACI Europe : l’attentat d’Istanbul-Ataturk pose des enjeux de sécurité

IATA : sécurité - aéroport Istanbul-AtaturkL’Association internationale des transporteurs aériens (IATA) et ACI Europe ont chacune soulevé les enjeux posés par l’attaque terroriste survenue à l’aéroport d’Istanbul-Ataturk le 28 juin, qui a fait 41 morts et 239 blessés selon un bilan encore provisoire.

« L’attaque de mardi soir a eu lieu dans un aéroport qui effectue des contrôles de sécurité systématiques en zone publique sur tous les passagers et les visiteurs dès leur entrée dans les bâtiments du terminal » , rappelle le 29 juin ACI Europe, qui réunit 500 aéroports en Europe et sur le pourtour de la Méditerranée, dont ceux d’Istanbul.

Après l’attentat à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem le 22 mars dernier, cette association avait estimé que la mise en place de ces filtres de sécurité à l’entrée des aérogares était inefficace, car cela ne fait que déplacer la cible. L’attentat d’Istanbul-Ataturk vient tragiquement confirmer sa position.

« La plupart des décès sont survenus alors que les gens faisaient la queue pour accéder au bâtiment du terminal, rappelant malheureusement que ce genre de mesures de sécurité supplémentaires tend à déplacer la cible plutôt qu’apporter des solutions efficaces. Nous devons affronter cette réalité que, face à une menace terroriste qui utilise l’arme de l’attentat-suicide, aucune mesure de sécurité ne peut assurer une protection à 100% » , déplore ACI Europe.

« Les aéroports comptent déjà parmi les espaces les plus réglementés (en matière de sécurité). Ce qui est arrivé mardi à Istanbul nous montre que le véritable défi est maintenant d’arrêter les terroristes avant qu’ils n’atteignent un aéroport ou tout autre espace public » , souligne Olivier Jankovec, le directeur général de l’association, pour qui la clé du problème n’appartient pas aux acteurs du transport aérien mais aux Etats. « Je ne le répèterai jamais assez, la plus haute priorité doit être donnée à l’amélioration du renseignement et à un échange et partage d’informations plus efficaces entre les autorités publiques compétentes » .

L’IATA estime pour sa part que l’industrie du transport aérien peut jouer un rôle dans l’amélioration de la sécurité aéroportuaire. « Cette tragédie d’Istanbul et celle de Bruxelles plus tôt cette année montrent que les gouvernements sont exposés au défi grandissant de garder les gens en sécurité dans les zones publiques (landside) des aéroports. Faire en sorte que ces personnes gagnent plus rapidement les zones protégées (airside) peut atténuer les risques. L’industrie a identifié un certain nombre d’initiatives pour atteindre cet objectif et nous travaillons avec les gouvernements et les aéroports pour les mettre en œuvre« , fait valoir Tony Tyler, le directeur général de l’IATA.

L’IATA compte en particulier sur l’utilisation des nouvelles technologies (biométrie, nouveaux scanners,…) pour à la fois accélérer et rendre plus performant le passage aux filtres de sécurité dans les aéroports.

A ce jour, l’attentat d’Istanbul-Ataturk n’a pas été revendiqué, mais les autorités turques soupçonnent l’Etat islamique d’en être à l’origine.

Photo IATA 

Laissez un commentaire