Brexit : l’IATA prévoit une baisse de 3 à 5% du trafic aérien au Royaume-Uni d’ici 2020

FIDS panneau à l'aéroport d' Heathrow - Source : Heathrow Airport

Après le Brexit, le nombre de passagers aérien au Royaume-Uni pourrait baisser de 3 à 5% d’ici 2020 en raison du ralentissement attendu de l’économie britannique et de la dépréciation de la livre sterling, selon une étude de l’Association internationale des transporteurs aériens (IATA) publiée vendredi.

« Le vote en faveur d’une sortie de l’Union européenne a déclenché une grande incertitude, notamment sur le plan financier mais aussi sur d’autres sujets. Il est essentiel que la nouvelle relation entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, quelle que soit la forme qu’elle prendra, continue d’assurer une connectivité aérienne sûre, efficace et durable, dans un intérêt commun« , a exhorté Tony Tyler, le directeur général de l’IATA. La question est d’autant plus cruciale que 117 millions de passagers ont voyagé entre l’Union européenne et le Royaume-Uni en 2015, selon lui.

« Une incertitude considérable » subsiste sur les modalités précises du Brexit, qui pourrait prendre deux ans ou plus, a rappelé l’IATA dans son étude du 24 juin. Or « une incertitude prolongée est de nature à influencer à la fois l’ampleur et la persistance des impacts économiques » , selon l’association.

Le nombre de passagers aériens du Royaume-Uni pourrait baisser de 3 à 5% d’ici 2020, ont estimé de façon préliminaire ses économistes. Deux raisons à cela : le ralentissement attendu de l’activité économique et la baisse du taux de change de la livre sterling. Ce dernier point est sensible alors que le marché du transport aérien au Royaume-Uni est dominé par le trafic sortant qui représente un peu plus des deux tiers des flux totaux. « Le mouvement de la livre sterling (qui a perdu 10% de sa valeur en un jour, ndlr) aura une incidence immédiate sur le pouvoir d’achat. Au fil du temps, cela découragera les résidents du Royaume-Uni de voyager à l’étranger, et encouragera les étrangers à visiter le Royaume-Uni » , selon l’IATA.

« L’impact sur le marché du fret aérien au Royaume-Uni est moins certain à court terme, mais ce trafic sera affecté par un faiblissement du commerce international à long terme » , a aussi noté l’association.

Une des questions majeures reste la réglementation qui va s’appliquer au transport aérien. Tant que la sortie n’est pas consommée, rien ne va changer, mais pour le futur, le Royaume-Uni va devoir choisir et faire un compromis « entre l’accès au marché unique européen du transport aérien et la liberté politique d’établir sa propre réglementation » . Les sujets sont aussi variés que les droits de trafic, la sécurité et la sûreté, la protection des consommateurs ou encore l’environnement.

« Le choix pour le Royaume-Uni est clair. Plus la coopération post-brexit avec l’Union européenne sera étendue, plus il devra accepter de continuer à appliquer les règles européennes, sans pouvoir toutefois les influencer. D’un autre côté, une rupture nette avec l’Union européenne donnerait aux décideurs du Royaume-Uni beaucoup plus de liberté sur la politique nationale, mais avec beaucoup moins de certitude sur l’accès aux marchés, en particulier au marché unique du transport aérien » , a conclu l’IATA.

Photo : Heathrow Airport

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