Brexit : easyJet, IAG et Heathrow rassurent, Airbus « déçu », Ryanair solde

Ryanair_BrexitAlors que les électeurs britanniques ont voté le 23 juin pour la sortie du Royaume-Uni hors de l’Union européenne (Brexit), plusieurs acteurs du transport aérien ont réagi dès ce vendredi matin. Heathrow assure que les opérations continuent de se dérouler comme prévu, easyJet indique qu’elle avait prévu cette éventualité, International Airlines Group (IAG) ne voit pas de conséquences à long terme, Airbus se dit « déçu » et veut « minimiser l’impact sur ses opérations« , tandis que Ryanair, fidèle à elle-même, annonce des soldes.

Le Royaume-Uni sort de l’Union européenne mais « Heathrow continue à servir les passagers et reste la porte d’entrée du pays; tous ceux qui voyagent à travers l’aéroport trouveront des opérations normales sans aucun changement pour les filtres de sécurité et l’immigration » , a tenu à indiquer le premier aéroport britannique dès 7 heures le 24 juin. Heathrow estime que les résultats du référendum renforcent la nécessité de le doter d’une troisième piste, alors que le gouvernement a suspendu sa décision jusqu’à cet été. « Seul Heathrow peut aider la Grande Bretagne à être une grande nation commerçante et à relier toutes les régions du Royaume-Uni avec le monde (…). Avec cette expansion, nous pourrions ouvrir 40 nouvelles destinations, en plus des 83 que nous servons actuellement » , a réaffirmé vendredi l’aéroport dans un communiqué.

easyJet pour sa part a indiqué qu’elle s’est préparée au Brexit et « a travaillé sur un certain nombre d’options qui lui permettront de continuer à voler dans tous ses marchés » , selon un communiqué.  « Nous avons écrit aujourd’hui au gouvernement du Royaume-Uni et à la Commission européenne pour leur demander de donner la priorité à ce que le Royaume-Uni continue de faire partie du marché unique en matière de transport aérien, étant donné son importance pour le commerce et les consommateurs » , a annoncé Carolyn McCall, la directrice générale. « Nous restons confiants sur la force du modèle économique d’easyJet et sur notre capacité à délivrer une stratégie gagnante et le meilleur retour pour nos investisseurs » , a-t-elle ajouté. Toutefois, la compagnie va poursuivre l’étude de ses options alternatives « qui lui permettront de maintenir pleinement son réseau et ses opérations existantes » .

IAG, qui détient notamment British Airways, « croit que le vote pour quitter l’Union européenne n’aura pas d’impact matériel sur ses affaires » . Cependant, le groupe ibero-britannique s’attend à voir son bénéfice opérationnel augmenter moins rapidement cette année qu’en 2015 en raison « d’un environnement plus faible » , observé depuis le début de la campagne pour le référendum, et de « la volatilité des marchés » .

Airbus Group, qui produit notamment ses ailes aux Pays-de-Galles, s’est dit « déçu » dans un communiqué, mais « respecte la décision prise par le peuple britannique, qui doit être vue comme une piqûre de rappel pour l’Europe et un catalyseur pour le changement » . Le groupe aéronautique « va étudier les conséquences à long terme de cette décision sur l’environnement concurrentiel« . « Nous travaillerons de manière constructive avec le gouvernement du Royaume-Uni afin de minimiser tout impact sur nos opérations » , a ajouté Airbus Group, qui entend « clairement continuer à soutenir ses effectifs et à exploiter ses installations au Royaume-Uni« . Son PDG, Tom Enders, a ajouté qu’il espérait « que ce divorce serait effectué avec comme perspective de minimiser les dégâts économiques à tous ceux touchés par le Brexit« .

Enfin, Ryanair a lancé une promotion dès le 24 juin pour 24 heures en offrant 1 million de sièges partir de 9,99 livres pour des vols entre octobre et décembre, sur le thème : « il est temps de quitter le Royaume-Uni » . La low-cost irlandaise, qui réalise 40% de son trafic passagers au Royaume-Uni, s’est engagée en faveur du maintien dans l’Union européenne. Elle avait menacé de réduire ses investissements dans le pays dans l’éventualité d’un Brexit.

En dehors de ces déclarations de circonstance, une période d’incertitudes s’ouvre pour le Royaume-Uni, et pour l’Europe. En témoigne la réaction des marchés financiers, en forte baisse dès l’ouverture de la bourse de Londres vendredi. Le mouvement n’épargne pas les principales compagnies aériennes présentes au Royaume-Uni : International Airlines Group décrochait de 27%, Ryanair de plus de 21% et easyJet de 18%.

Photo : Michael O’Leary, directeur général de Ryanair

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