Air France : les pilotes font le « pari de la confiance » et lèvent leur préavis de grève

Commandant de bord / pilote d'Air France - © Air France

Les trois syndicats de pilotes d’Air France, le SNPL, le SPAF et Alter, lèvent leur préavis de grève pour la période du 24 au 27 juin. Ils disent faire « le pari de la confiance » après que le futur PDG d’Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, leur a demandé quatre mois pour construire un nouveau pacte social au sein de la compagnie.

Jean-Marc Janaillac, qui deviendra le PDG d’Air France-KLM le 4 juillet, a proposé mardi matin aux trois syndicats de renoncer à la grève du 24 au 27 juin et de s’abstenir de lancer de nouveaux mouvements jusqu’au 1er novembre, en échange de quoi les dernières mesures d’économie du plan Transform, entrées en vigueur le 1er juin et conduisant à une baisse de la rémunération des pilotes, seront suspendues. Cet intervalle sera mis à profit pour construire un nouveau pacte social au sein d’Air France afin qu’elle profite de la croissance du transport aérien mondial.

« Les Bureaux ont décidé d’accepter cette main tendue, confirmant ainsi leur volonté de voir s’ouvrir une nouvelle ère dans l’histoire de la compagnie », ont annoncé dès mardi soir les trois syndicats dans un communiqué commun, en ajoutant : « dès lors que l’agression est suspendue, le préavis est suspendu » .

« Nous avons choisi de faire confiance car le renouvellement du dialogue sincère avec les pilotes est un volet incontournable de l’équilibre d’une grande compagnie aérienne. C’est un pari. Chacun se doit de faire un pas » , ont aussi expliqué les trois organisations.

Pour autant, elles n’entendent pas « relâcher la pression » ni « donner un blanc-seing » à  M. Janaillac. « Nous maintenons bien évidemment l’ensemble de nos 6 revendications. Ce que nous demandons reste indispensable à l’avenir d’Air France » , écrivent-elles. Et de prévenir : « si la trajectoire ne s’infléchit pas dans la bonne direction, nous ferons le bilan des engagements de ce jour et nous gardons, si besoin, l’option de recourir à une nouvelle mobilisation » .

Pour mémoire, les trois syndicats demandent le rééquilibrage de la production entre Air France et KLM selon les ratios établis lors de la fusion en 2004 et “sans préjudice pour KLM” ; l’engagement d’un développement du court et moyen courrier avec des avions Air France ; la défense du périmètre Air France vis-à-vis de co-entreprises et Joint-Ventures ; l‘évolution des conditions et du développement de Transavia ; l’amélioration des conditions de travail et de l’implication des pilotes dans les sujets métier ; “le juste retour des efforts” comprenant notamment un rattrapage de rémunération.

Photo © Air France

Laissez un commentaire