Grève des pilotes d’Air France : « irresponsable » , « un acte de sabotage »

Airbus A380 d' Air France - © Air France

Annoncée hier, la grève des pilotes d’Air France du 11 au 14 juin suscite déjà de vives réactions : Alain Vidalies, le secrétaire d’Etat aux Transports, l’a qualifié « d’irresponsable » et « d’incompréhensible » . Le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a évoqué quant à lui « un acte de sabotage » .

Les trois syndicats de pilotes d’Air France, le SNPL, le SPAF et Alter, ont annoncé jeudi dans un communiqué commun avoir déposé un préavis de grève du 11 au 14 juin 2016, tout en indiquant que « d’autres plages d’arrêts de travail suivront quelques jours plus tard si nécessaire” . Ces dates coïncident avec le début de l’Euro 2016 (du 10 juin au 10 juillet). Le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, a déclaré vendredi matin au micro d’Olivier Mazerolle sur RTL qu’il s’agissait d’une intention « assez irresponsable pour ne pas dire incompréhensible. Quand la France organise une manifestation importante, la troisième au niveau mondial, tout le monde doit être au rendez-vous de cette réussite » .

Alors que l’Etat détient 17,6% d’Air France-KLM, Alain Vidalies a également appelé à la négociation. « J’espère que c’est simplement une opération médiatique mais que le dialogue va l’emporter. Il serait assez incompréhensible que la France soit bloquée dans le transport aérien » pendant l’Euro 2016. Avant de prévenir : « on ne peut pas nous demander à nous d’essayer de résister à un certain nombre de compagnies qui font du low-cost ou les compagnies du Golfe et de ne jamais être au rendez-vous lorsqu’il faut justement défendre cette compagnie qui est la compagnie nationale » .

Le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a quant à lui réagi dès jeudi à l’annonce du mouvement social : « c’est un acte de sabotage » , a-t-il déclaré en marge de l’assemblée générale de l’IATA qui se tient en ce moment à Dublin, cité par La Tribune. « C’est un coût pour la compagnie qui viendra amputer de futurs investissements de la compagnie, c’est mauvais commercialement » . 

Selon un porte-parole d’Air France cité par Reuters, il est trop tôt pour estimer l’impact de la grève sur les comptes. La compagnie avait néanmoins perdu plus de 400 millions d’euros lors de la dernière grève des pilotes, qui avait duré quinze jours en septembre 2014. Les pilotes protestait alors contre le développement de Transavia en Europe.

C’est aujourd’hui la croissance d’Air France qui fait polémique, alors qu’aucun accord n’a été trouvé pour améliorer la productivité dans le cadre du plan Perform 2020.

« Le débat sur plus de croissance, ce n’est pas en 8 jours qu’on va le décider« , a déclaré hier soir le PDG d’Air France, Frédéric Gagey, également lors de la réunion annuelle de l’IATA, cité par la Tribune. Selon le quotidien économique plusieurs administrateurs d’Air France-KLM, où siège l’Etat, « refusent de lancer le groupe dans une stratégie de croissance tant que de nouvelles mesures de réduction de coûts n’auront pas été introduites. Non seulement pour financer la croissance mais aussi pour ne pas se retrouver au pied du mur en cas de retournement » .

Reste à savoir si l’appel à la grève sera suivi par les pilotes. Sans doute, peut-on penser : en ce qui concerne le SNPL, majoritaire, 68% des pilotes se sont prononcés en faveur d’une grève longue avec un taux de participation de 78% lors d’un referendum organisé fin mai par ce syndicat.

Photo © Air France 

Laissez un commentaire