Lufthansa cesse de desservir le Venezuela

Airbus A340-300 de Lufthansa - CC Wikimedia Commons / Aero Icarus

Lufthansa a indiqué samedi qu’elle suspendait dès le mois prochain sa liaison entre Francfort et Caracas, sa seule vers le Venezuela, en raison des difficultés économiques que traverse le pays dont la connectivité internationale ne cesse de diminuer depuis deux ans.

La compagnie aérienne allemande relie actuellement son hub de Francfort et l’aéroport de Caracas à raison de trois vols par semaine (lundi, mercredi, vendredi) avec un Airbus A340-300. « Nous avons décidé pour le moment de suspendre le service entre Francfort et Caracas à compter du 17 juin » , a annoncé Lufthansa. Cette décision résulte « d’une situation économique difficile et du fait qu’il n’est pas possible de transférer les devises étrangères en dehors du pays » , a-t-elle aussi expliqué.

Le gouvernement du président Maduro a mis en place depuis deux ans un strict contrôle des changes qui empêche dans la pratique les compagnies aériennes de convertir en dollars leurs recettes payées dans la devise locale, le bolívar, ou de les exporter.

Lufthansa a également noté une chute de la demande pour les vols internationaux vers le Venezuela en 2015 qui s’est prolongée au premier trimestre 2016.

Les passagers bénéficiant d’une réservation à compter du 18 juin seront transférés sur les vols vers Bogota et Panama. Caracas reste connectée au réseau de Lufthansa grâce aux correspondances assurées depuis ces deux villes par ses partenaires de Star Alliance Avianca et Copa Airlines respectivement.

Selon les médias locaux, Lufthansa garde « pour l’instant » son bureau à Caracas mais ne sait pas quand elle sera en mesure de retourner dans la capitale du Venezuela.

Citant les mêmes raisons que Lufthansa, plusieurs compagnies aériennes ont déjà cessé de desservir ce pays (notamment Alitalia) et d’autres ont réduit leurs fréquences ou cessé d’accepter les paiements en bolívar pour les réservations (Air France, Air Canada, American Airlines, Air Europa, Iberia,…). Selon les médias locaux, LATAM Airlines envisagerait de se retirer du Venezuela à compter du 31 juillet prochain, mais cette information n’a pas été confirmée à ce jour par le groupe sud-américain.

TAP Portugal, qui reste l’une des compagnies aériennes à relier le Venezuela à l’Europe avec Air France, Air Europa et Iberia, a indiqué le mois dernier qu’une large partie de son déficit pour l’année 2015 était liée à la nécessité de consolider dans les comptes ses avoirs bloqués au Vénézuela s’élèvant à 91,4 millions de dollars.

A plusieurs reprises, l’Association internationale des transporteurs aériens (IATA) a exhorté le gouvernement vénézuélien à changer sa politique. Celle-ci « paralyse le secteur du transport aérien (au Venezuela) et prive ses habitants des avantages économiques qu’il pourrait apporter. Les options pour se rendre au Venezuela par les airs diminuent tandis que les citoyens et les entreprises du pays paient plus cher pour voyager en raison de l’impact négatif de la politique gouvernementale » , constatait l’IATA en septembre dernier.

Selon cette association, le trafic aérien vers le Venezuela a diminué de 8,5% en 2014 alors qu’il augmentait durant la même période de 2 à 12% vers les principaux pays d’Amérique latine.

Photo Airbus A340-300 de Lufthansa – CC Wikimedia Commons / Aero Icarus

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