Crash d’Egyptair : le BEA confirme des messages ACARS indiquant la présence de fumée à bord

Mehmet Mustafa Celik CC BY-SA 4.0 : Airbus A320 d'EgyptAir SU-GCC https://commons.wikimedia.org/wiki/File:EgyptAir_Airbus_A320_(SU-GCC)_on_finals_at_Ataturk_Airport.jpg?uselang=fr

Le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) a confirmé que l’A320 d’EgyptAir qui s’est abîmé en Méditerranée le 19 mai a émis des messagers automatiques ACARS indiquant la présence de fumée à bord, tout en estimant qu’il était beaucoup trop tôt pour en tirer des conclusions.

Un porte parole du BEA a confirmé le 21 mai auprès de l’AFP que des messages ACARS émis par l’avion indiquent « qu’il y eu de la fumée en cabine peu avant la rupture des transmissions de données » , en ajoutant : « il est beaucoup trop pour interpréter et comprendre les causes de l’accident tant que nous n’avons retrouvé ni l’épave, ni les enregistreurs. La priorité de l’enquête est de retrouver épave et enregistreurs de vols « .

Se référant à ces messages ACARS, le Wall Street Journal avait révélé vendredi que l’A320 a subi « une série de problèmes » à partir de 00h26 GMT – trois minutes environ avant qu’il ne disparaisse des écrans radars du contrôle aérien. Les messages ACARS indiquent qu' »une fumée intense a déclenché les détecteurs à l’avant de l’appareil, où sont situées des parties vitales de son électronique de bord » et suggèrent aussi « des problèmes sur les fenêtres à droite du cockpit » , selon le quotidien.

Les messages d’erreur durent plus de deux minutes, alertant l’équipage que de la fumée est détectée dans des toilettes et un compartiment situé en-dessous du cockpit. « Ce compartiment contient une partie cruciale de l’ordinateur de contrôle de vol qui s’est mis à dysfonctionner, selon les messages » .

Le Wall Street Journal relève cependant que ces données seules « ne sont pas suffisantes pour déterminer si l’avion s’est écrasé à cause d’une bombe ou d’autres causes inexpliquées » . Les experts qu’il a interrogés soulignent qu’il serait « prématuré » de tirer des conclusions définitives sur « un acte intentionnel, la présence d’un engin explosif, ou une défaillance catastrophique du système de l’avion » comme cause du crash.

Quelques heures avant la publication de l’article du Wall Street Journal, le site spécialisé AVHerald avait donné le contenu de ces messages ACARS qu’il aurait obtenu de trois sources indépendantes :

00:26Z 3044 ANTI ICE R WINDOW
00:26Z 561200 R SLIDING WINDOW SENSOR
00:26Z 2600 SMOKE LAVATORY SMOKE
00:27Z 2600 AVIONICS SMOKE
00:28Z 561100 R FIXED WINDOW SENSOR
00:29Z 2200 AUTO FLT FCU 2 FAULT
00:29Z 2700 F/CTL SEC 3 FAULT

Plus aucun message ACARS n’a ensuite été envoyé.

Le système ACARS (Aircraft Communication Addressing and Reporting System) est un système de communication et de surveillance par radio utilisé en aviation permettant le contrôle automatique d’un aéronef en vol. Les messages sont envoyés vers un centre au sol de la compagnie aérienne pour anticiper les opérations de maintenance avant l’arrivée de l’avion à un aéroport.

Photo Mehmet Mustafa Celik CC BY-SA 4.0 : Airbus A320 d’EgyptAir SU-GCC

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