Crash d’EgyptAir : des débris retrouvés mais le mystère demeure [actualisé]

Mehmet Mustafa Celik CC BY-SA 4.0 : Airbus A320 d'EgyptAir SU-GCC https://commons.wikimedia.org/wiki/File:EgyptAir_Airbus_A320_(SU-GCC)_on_finals_at_Ataturk_Airport.jpg?uselang=fr

Des débris de l’Airbus A320 d’Egyptair qui effectuait le vol MS804 Paris-Le Caire ont été retrouvés en mer vendredi par l’armée égyptienne. Si la piste d’un acte terroriste est évoquée pour expliquer l’accident, aucun élément ne vient encore la corroborer.

L’armée égyptienne a annoncé le 20 mai qu’elle avait récupéré en Méditerranée, à 295 kilomètres des côtes de l’Egypte, des débris et des effets des passagers de l’A320 d’Egyptair. La compagnie a également confirmé cette découverte sur son compte Twitter et présenté ses condoléances aux familles des victimes, en précisant que les recherches continuent.

Dans un communiqué, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait demandé jeudi soir à « tous les appareils de l’Etat concernés, y compris le ministère de l’Aviation civile, la marine et l’armée de l’air d’intensifier les opérations de recherches » afin de « retrouver les débris de l’avion » .

La compagnie Egyptair avait déjà annoncé jeudi après-midi la découverte de morceaux de l’épave et de gilets de sauvetage. Mais cette information avait été aussitôt démentie par l’autorité de l’aviation civile grecque, précisant que les débris retrouvés jusque-là « ne proviennent pas d’un avion« . Puis le vice-président d’Egytair, Ahmed Adel, a reconnu jeudi sur CNN que les débris en question « n’appartiennent pas à notre appareil« .

Les recherches se concentrent dans une zone située au sud-est de l’île de Karpathos, entre la Crête et Rhodes, là où l’A320 a disparu des écrans radars. Aux moyens déployés par l’Egypte, qui coordonne les opérations, se joignent des avions turcs, grecs et français ainsi qu’une frégate grecque. La marine des Etats-Unis envoie aussi un P-3 Orion de surveillance depuis une base navale en Sicile. La France a indiqué dépêcher sur zone un patrouilleur de haute-mer adapté à ces opérations.

« Ce qui est important, c’est d’envoyer des moyens rapidement pour que la zone de recherche soit la plus limitée possible » , a expliqué à Europe 1 un porte-parole de la Marine française. Dans ce genre d’opérations, « il y a une première phase de recherche en surface de l’avion, des passagers, et puis une phase ultérieure de recherche des débris sous-marins et des boîtes noires pour lesquels on peut faire intervenir des moyens spécialisés comme des sous-marins d’attaque » .

Le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) a confirmé sa participation aux investigations. « Conformément aux dispositions internationales, le BEA, représentant l’Etat de conception de l’avion, participe à l’enquête » , a annoncé celui-ci jeudi soir dans un communiqué. Une équipe composée de trois enquêteurs du BEA accompagnée d’un conseiller technique d’Airbus se rendent en Egypte. « Le BEA pourra notamment conseiller les autorités égyptiennes pour l’organisation des recherches sous-marines en vue de localiser l’avion et les enregistreurs de vol » .

« Aucune indication sur les causes » de l’accident, selon le Quai d’Orsay

Pour l’heure, le mystère reste entier sur les causes à l’origine de cette disparition. Le ministre de l’Aviation civile égyptienne, Chérif Fathy, a certes déclaré lors d’une conférence de presse au Caire jeudi après-midi que « la probabilité, la possibilité, d’une action à bord, d’une attaque terroriste, est plus élevée que celle d’une défaillance technique » .

Mais le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a affirmé vendredi qu’il n’y avait « absolument aucune indication sur les causes » du crash de l’A320 d’EgyptAir. « Toutes les hypothèses sont examinées mais aucune n’est privilégiée, car nous n’avons absolument aucune indication sur les causes« , a déclaré le chef de la diplomatie française sur France 2. Il a ajouté qu’il réunirait samedi les familles des passagers et les représentants de l’Etat « pour donner le maximum d’informations en toute transparence« .

Les Etats-Unis ont indiqué jeudi soir que l’étude des images satellitaires ne fournissait aucune indication sur une source de chaleur ou d’explosion sur le parcours de l’avion. Ils souhaitent étudier à présent les images des satellites « d’autres pays » ou de sociétés privées qui pourraient offrir « une meilleure vision« , selon ABC News.

Les changements de trajectoire et la descente brutale de l’appareil suggèrent bien sûr qu’une explosion a pu avoir lieu. Mais en l’absence de preuve tangible provenant de débris de l’avion, « c’est trop pour l’affirmer » , selon un responsable américain cité par la chaine de télévision. La possibilité d’un suicide du pilote ou d’un autre acte délibéré doit aussi être pris en considération, selon cette source. Le gouvernement américain étudie en parallèle le passé des pilotes et de l’équipage, ainsi que le manifeste des passagers, pour rapprocher ces informations avec les listes de surveillance terroriste.

A ce jour, aucun groupe n’a revendiqué sur les canaux « officiels » la disparition de l’A320 d’Egyptair. Les services de renseignements sont néanmoins à pied d’oeuvre sur les médias et les réseaux sociaux pour savoir si des éléments radicaux s’enorgueillissent de l’accident, qui a fait 66 morts dont 30 passagers égyptiens et 15 Français.

Photo Mehmet Mustafa Celik CC BY-SA 4.0 : Airbus A320 d’EgyptAir SU-GCC

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