Crash d’Egyptair : des changements de trajectoire et une chute brutale

Mehmet Mustafa Celik CC BY-SA 4.0 : Airbus A320 d'EgyptAir SU-GCC https://commons.wikimedia.org/wiki/File:EgyptAir_Airbus_A320_(SU-GCC)_on_finals_at_Ataturk_Airport.jpg?uselang=fr

L’Airbus A320 d’EgyptAir qui assurait le vol MS804 entre Paris et Le Caire avec 66 personnes à bord a effectué plusieurs changements de trajectoires soudains et a plongé avant de disparaître des radars au-dessus de la Méditerranée, selon le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos.

L’appareil suivait une trajectoire au Sud-Sud-est des îles grecques de Kassos et Karpathos à 00h29 GMT. « Immédiatement après, il est entré dans la FIR du Caire et a effectué plusieurs changements de trajectoires et une descente comme suit: 90 degrés à gauche, puis 360 degrés à droite » , a expliqué le ministre. L’appareil a rapidement perdu de l’altitude, passant de 37.000 à 15.000 pieds (de 11.470 à 4.650 mètres) puis a disparu des écrans radars, deux minutes après être rentré dans l’espace aérien égyptien.

« Les informations que nous avons pu recueillir (…) nous confirment, hélas, que cet avion s’est abîmé et s’est perdu » , avait indiqué plus tôt dans la matinée le président français, François Hollande.

L’avion avait décollé de Paris Charles de Gaulle vers 21h09 GMT mercredi soir. Le vol s’est déroulé apparemment sans encombre : le pilote n’a signalé aucun problème aux contrôleurs aériens grecs lors de la dernière conversation vers 00h05 GMT. Puis des appels des contrôleurs aériens grecs, y compris sur la fréquence de détresse, sont restés sans réponse jusqu’à 00h29 GMT , quand l’avion a disparu des radars.

Dans l’après midi, des débris ont été localisés au large de la Crète par un C-130 égyptien, selon les médias grecs.

Le ministre égyptien de l’Aviation civile, Chérif Fathy, a déclaré lors d’une conférence de presse au Caire jeudi après-midi que « la probabilité, la possibilité, d’une action à bord, d’une attaque terroriste, est plus élevée que celle d’une défaillance technique » , tout en se refusant à tirer des « conclusions hâtives » .

Selon François Hollande jeudi matin, « aucune hypothèse n’est écartée, aucune n’est privilégiée » pour établir la cause de cette disparition. Le président a évoqué un « accident » ou un possible acte « terroriste » .

Une enquête a été confiée à la Gendarmerie des transports aériens (GTA) par le parquet de Paris, le vol ayant pour origine la capitale française. Les vérifications à Paris-Charles de Gaulle se sont multipliées ce jeudi.

Peu de temps après la disparition de l’appareil, EgyptAir a indiqué que l’équipage était expérimenté et Airbus a donné des informations factuelles sur l’A320. Membre de l’IATA et de Star Alliance, la compagnie exploite 13 appareils de ce type, y compris le SU-GCC disparu jeudi matin. Sa flotte comprend aussi quatre A321, trois A300 ainsi que 33 Boeing 737 et six 777-300ER.

Le dernier accident mortel impliquant un appareil d’Egyptair remonte à mai 2002, quand un 737-500 s’est écrasé à Tunis par mauvais temps en phase d’approche finale, occasionnant 14 mort sur les 64 personnes présentes à bord. La compagnie a aussi perdu en octobre 1999 un 767-300ER assurant le vol MS990 entre New York et Le Caire : le rapport final a estimé que la cause la plus probable de ce crash dans l’Atlantique Nord, qui n’a laissé aucun survivant parmi les 217 occupants, était un suicide de l’un des pilotes, ce qu’EgyptAir a toujours démenti.

Plus récemment, en mars dernier, un A320 assurant la liaison entre Alexandrie et Le Caire a été détourné vers Larnaca à Chypre par un pirate de l’air qui a agi pour des motifs personnels.

Photo Mehmet Mustafa Celik CC BY-SA 4.0 : Airbus A320 d’EgyptAir SU-GCC

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