Emirates enregistre un bénéfice en hausse de 56%

Emirates : Boeing 777-200 LR

Le groupe Emirates a annoncé le 10 mai 2016 « sa 28e année consécutive de rentabilité et d’expansion régulière de l’activité« , clôturant l’exercice sur des profits records de 2,2 milliards de dollars. Sur ce total, 1,9 milliard sont attribuables à Emirates Airline qui voit ainsi son bénéfice augmenter de 56% en un an, essentiellement grâce à une facture carburant en diminution.

Le bénéfice du Groupe Emirates, qui comprend la société de services aéroportuaires Dnata et la compagnie aérienne Emirates Airline, s’inscrit à 2,2 milliards USD pour l’exercice clos le 31 mars 2016, en progression de 50% par rapport à l’année dernière. Le chiffre d’affaires du Groupe ressort à 25,3 milliards USD, en repli de 3% par rapport à l’année précédente, tandis que la trésorerie du Groupe est en forte hausse à 6,4 milliards USD. En ligne avec le bénéfice global, le Groupe a proposé le versement d’un dividende de 681 millions USD à l’Investment Corporation of Dubai.

Performances d’Emirates

Emirates : Airbus A380 de 615 places

Emirates : Airbus A380 de 615 places

Emirates Airlines enregistre les bénéfices les plus élevés de son histoire à 1,9 milliard de dollars soit une augmentation de +56% en un an. Ce résultat est obtenu avec un chiffre d’affaires en baisse de -4% à 23,2 milliards de dollars « sous l’effet conjugué d’une forte dévaluation des monnaies face au dollar américain et de l’ajustement du prix de billets, consécutif aux économies réalisées sur le carburant » , indique le groupe. La marge bénéficiaire de 8,4% est la plus forte jamais dégagée depuis 2010-11.

Les charges d’exploitation totales ont diminué de 8% par rapport à l’exercice 2014-2015, essentiellement grâce à la baisse des prix du carburant. La facture de kérosène de la compagnie a diminué de 31% par rapport à l’année précédente à 5,4 milliards USD. Le carburant représente désormais 26% des charges d’exploitation, contre 35% en 2014-15, mais il reste le premier poste de coûts de la compagnie.

Avec le chiffre record de 51,9 millions de passagers transportés (en hausse de 8%), Emirates a franchi la barre des 50 millions de passagers, et atteint un coefficient d’occupation moyen de 76,5%, en baisse de -3,1 points de pourcentage par rapport à l’année dernière. Cette baisse « doit être mise en relation avec la forte progression (13%) des sièges-kilomètres offerts (SKO) mais il s’explique aussi par la persistance des incertitudes économiques et par une vive concurrence sur de nombreux marchés » , indique le groupe.

Emirates a pris livraison de 29 nouveaux appareils, le chiffre le plus élevé jamais enregistré au cours d’un exercice, dont 16 A380, 12 Boeing 777-300ER et un Boeing 777F, portant l’ensemble de la flotte à 251 avions au 31 mars. Sur la même période, neuf appareils ont été retirés du service, ramenant ainsi l’âge moyen de la flotte à 74 mois (soit la moitié environ de la moyenne du secteur qui s’établit à 140 mois, selon groupe). La compagnie aérienne reste le premier exploitant mondial des Boeing 777 et Airbus A380.

La livraison de ces nouveaux appareils a permis à Emirates de lancer huit nouvelles destinations pour les passagers : Bali, Bologne, Cebu, Clark, Istanbul (Sabiha Gökçen), Mechhed, Moultan, Orlando ; et deux autres pour le fret : Columbus et Ciudad del Este. La compagnie a également étendu ses services et capacités à 34 villes sur son réseau actuel de lignes aériennes en Afrique, en Asie, en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord.

Emirates souligne aussi « l’attrait qu’exercent sur les consommateurs les appareils à la pointe de la technique ainsi que le réseau efficace de routes aériennes à partir du Hub de Dubaï » . Le coefficient d’occupation « premium » et global des A380 a été supérieur à celui de l’ensemble du réseau, « preuve du succès des produits « premium » d’Emirates et des équipements de l’A380 auprès des passagers » . Au 31 mars 2016, la flotte d’Emirates comptait 75 A380, qui desservaient une destination du réseau sur quatre.

Pour financer la croissance de sa flotte, Emirates a levé un montant record de 26,9 milliards AED (7,3 milliards USD) en recourant à plusieurs structures de financement. Elle a notamment souscrit un contrat de location-exploitation hybride unique, monté par des banques allemandes et des investisseurs institutionnels en association avec des instruments de dette islamique selon le format de la Mourabaha pour l’acquisition d’un A380. En Asie, Emirates a continué à s’adresser au marché japonais dans le cadre de deux opérations : le Japanese Operating Lease (contrat de location-exploitation japonais) et le Japanese Operating Lease with a Call Option ou JOLCO (contrat de location-exploitation japonais avec option d’achat) pour l’A380 et le Boeing 777-300ER livrés pendant l’année. Emirates a également finalisé le premier contrat de location-exploitation portant sur un A380, entièrement financé par le marché institutionnel coréen par le biais de placements privés auprès d’un groupe d’institutions financières non bancaires.

Ces opérations, qui s’inscrivent dans le cadre de la stratégie d’Emirates visant à diversifier les sources de financement, « témoignent de la bonne santé financière du Groupe et de la confiance des investisseurs dans le modèle économique de la compagnie » .

Les flux de trésorerie liés aux activités d’exploitation d’Emirates s’établissaient, à la clôture de l’exercice, à un niveau record de 14,1 milliards AED (3,8 milliards USD).

Le chiffre d’affaires réalisé dans les six régions d’Emirates reste réparti de manière équilibrée, puisqu’aucune d’entre elles ne représente plus de 30% du chiffre d’affaires total. C’est l’Europe qui apporte la plus forte contribution au chiffre d’affaires, avec 6,5 milliards USD, en recul de 5% par rapport à l’exercice 2014-15. L’Asie de l’Est et l’Australasie suivent de près, avec 6,1 milliards USD, en baisse de 9%. La région Amériques enregistre une croissance de 9% de son chiffre d’affaires, qui ressort à 3,3 milliards USD. Les chiffres d’affaires des zones Afrique et pays du Golfe/Moyen-Orient ont tous deux diminués de 3%, à respectivement 2,5 milliards USD et 2,3 milliards USD. Enfin, celui de la région Asie de l’Ouest/océan Indien s’inscrit en repli de 4%, à 2,1 milliards USD.

Emirates a investi plus de 21,9 millions USD l’an dernier dans l’installation et le fonctionnement d’internet en vol sur les appareils de sa flotte, dont 70 % sont aujourd’hui équipés du wi-fi. La compagnie propose également de nouveaux kits de confort pour les passagers de Première Classe et de Classe Affaires ainsi qu’une nouvelle gamme de jouets et activités pour les enfants à bord. Elle a dévoilé le nouveau siège qui équipera les Classes Affaires de ses 777-300ER et inauguré ses A380 à deux classes, qui proposent le plus grand écran individuel du marché en Classe Économique. Emirates a également ouvert de nouveaux salons d’attente dans les aéroports de Tokyo Narita et du Cap, ce qui porte à 39 le nombre de salons privés d’Emirates dans le monde, dans lesquels la compagnie a investi plus de 352 millions USD depuis sa création.

Pour 2016-17, Emirates a annoncé de nouvelles liaisons vers Yinchuan et Zhengzhou en Chine, Yangon en Birmanie et Hanoi au Vietnam, parallèlement à des augmentations de capacités vers des destinations déjà desservies.

Emirates SkyCargo joue toujours un rôle à part entière dans la croissance de l’activité de la compagnie, en contribuant à 14% du chiffre d’affaires total de cette dernière dans le transport.

La division de fret d’Emirates a publié un chiffre d’affaires de 3 milliards USD, en repli de 9% par rapport à l’exercice précédent, tandis que les volumes transportés progressaient de 6%, pour atteindre 2,5 millions de tonnes, « sur un marché du fret aérien qui reste difficile et se caractérise par une évolution rapide de la structure de la demande » . Cette année, le rendement du fret mesuré en tonnes-kilomètres (FTKM) a fortement régressé de 16%, tout en souffrant de l’impact de la dépréciation des grandes monnaies.

Outre les capacités de fret dans la soute ventrale des appareils de passagers desservant les nouvelles destinations de la compagnie, Emirates SkyCargo a accéléré les activités de ses avions-cargos vers Mexico et inauguré de nouveaux services de transport de marchandises vers Ho Chi Minh Ville (Vietnam), Ahmedabad (Inde), Columbus (États-Unis), Alger (Algérie) et Ciudad Del Este (Paraguay).

En 2015-16, Emirates SkyCargo a inauguré officiellement son nouveau terminal dédié au fret au sein de l’aéroport international d’Al Maktoum situé à Dubai World Central, et pris livraison d’un Boeing 777F, ce qui porte sa flotte d’avions-cargos à 15 appareils : 13 Boeing 777F et deux Boeing 747-400F.

La division Hôtellerie d’Emirates a enregistré un chiffre d’affaires de 191 millions USD, en progression de 1% par rapport à l’exercice précédent.

dnata

Emirates : dnata-cargo-at-DWC---2En 57 ans d’existence, l’exercice 2015-16 fut le plus rentable de l’histoire de dnata, qui enregistre pour la première fois un bénéfice supérieur à 1 milliard AED (287 millions USD). Sur la base de ses résultats de l’année précédente, le chiffre d’affaires de dnata s’est inscrit en hausse à 10,6 milliards AED (2,9 milliards USD) et ses activités internationales représentent aujourd’hui plus de 64 % de son chiffre d’affaires.

Cette augmentation de 16% est à mettre au crédit de la croissance interne, mais elle a aussi été accélérée par la première comptabilisation sur l’année pleine des activités de Stella Group, racheté pardnata Travel en octobre 2014 (au cours de l’exercice financier précédent) et par les opérations aéroportuaires en Australie, dont dnata a repris en mars 2015 le contrôle intégral auprès de Toll, son partenaire de coentreprise à 50%.

En s’appuyant sur les niveaux d’investissements records de l’exercice précédent, dnata a continué de poser les jalons de sa croissance future en investissant 585 millions AED (159 millions USD) dans le développement de ses équipes, de ses installations et de ses technologies, ainsi que dans de nouvelles acquisitions.

Parmi les événements phares de l’exercice 2015-16 figurent les acquisitions de nouvelles activités à l’international : la division de fret d’Aviapartner à l’aéroport Schiphol d’Amsterdam, Ground Handling SPA dans deux aéroports de Milan et RM Ground Services au Brésil, étendant ainsi pour la première fois le réseau mondial de dnata au continent américain.

Le chiffre d’affaires des activités de dnata dans les aéroports des Émirats arabes unis, services aéroportuaires et de manutention de fret inclus, a progressé de 13%, pour ressortir à 777 millions USD. Cette forte croissance tient compte de l’effet des 80 jours de fermeture des pistes de l’aéroport international de Dubaï (DXB), qui avait pesé sur le chiffre d’affaires de l’exercice précédent.

En ligne avec la croissance du chiffre d’affaires, le nombre d’appareils pris en charge par dnata aux Émirats arabes unis a augmenté de 12%, à 211.000, tandis que les volumes de fret manutentionné chutaient de 6%, à 689 000 tonnes, reflet des difficultés persistantes de ce secteur. Dubai World Central représente aujourd’hui 24 % des volumes de fret traités par dnata à Dubaï. Au cours de l’exercice, dnata a commencé ses activités dans le nouveau Hall D de DXB, avec 3 000 employés formés à aider les clients à se familiariser avec les nouvelles installations.

Les activités de dnata dans les aéroports internationaux ont enregistré une très nette augmentation de leur chiffre d’affaires de 32%, à 571 millions USD, du fait de l’augmentation des volumes d’activité et des acquisitions récentes aux Pays-Bas et au Brésil. Le nombre d’appareils pris en charge a fortement progressé de 63%, à 178 000, tandis que le fret affichait une hausse substantielle de 46%, à 1,4 millions de tonnes de marchandises manutentionnées. Ces résultats sont les fruits des investissements réalisés dans de nouveaux espaces de fret internationaux lors des exercices précédents, en particulier au Royaume-Uni.

Les activités de restauration à bord de dnata ont contribué au chiffre d’affaires total à hauteur de 1,9milliards AED (514 millions USD), en recul de 7%, principalement en raison de la dépréciation sensible des grandes monnaies par rapport au dollar américain. Plus de 57 millions de repas ont été servis à bord pendant l’exercice, soit un très léger repli de 1%, imputable à une érosion des volumes en Italie.

Le chiffre d’affaires de la division d’organisation de voyages de dnata a enregistré une progression de 34%, pour ressortir à 901 millions USD et celle-ci représente dorénavant le principal segment d’activité de dnata en termes de contribution au chiffre d’affaires. Cette bonne situation s’explique principalement par la croissance de l’activité au Royaume-Uni, due notamment à l’impact sur l’année pleine de l’acquisition de Stella Group en octobre, ainsi que par l’intégration des activités Destination & Leisure Management de ce dernier à Dubaï et de l’entité de distribution de voyages Emquest. La valeur marchande totale sous-jacente des services d’organisation de voyages vendus s’est inscrite en forte progression (+20 %), à 3,2 milliards USD.

En 2015-16, les charges d’exploitation de dnata ont augmenté en conséquence de 17%, à 2,6 milliards USD, reflet de l’impact de l’intégration des nouvelles sociétés, en particulier dans les activités aéroportuaires à l’international et l’organisation de voyages.

Le solde de trésorerie de dnata s’établit au niveau record de 944 millions USD du fait de la solide augmentation au cours de l’année du fait des nouvelles acquisitions. Les flux de trésorerie issus de l’exploitation sont ressortis à 379 millions USD en 2015-16, soit une croissance de 31% par rapport à l’exercice précédent et un nouveau record pour la société.

L’effectif de dnata a augmenté à plus de 34 000 personnes, soit une hausse de 24 % en tenant compte des salariés issus des sociétés rachetées. Du fait de la présence internationale croissante de l’activité, la part du personnel de dnata établie dans les Émirats arabes unis a reculé à 48 %.

L’effectif du Groupe Emirates dans ses 80 filiales et sociétés a augmenté de 13%, dépassant désormais la barre des 95.000 personnes de plus de 160 nationalités différentes.

Perspectives

Le Cheikh Ahmed bin Saeed Al Maktoum, Président-Directeur général d’Emirates Airline et du Groupe, a déclaré : « S’agissant de l’année qui s’annonce, la faiblesse des prix du pétrole devrait rester une arme à double tranchant : une aubaine pour nos charges d’exploitation, mais aussi un désavantage en ce qui concerne la confiance des entreprises et des ménages au niveau mondial. La fermeté du dollar américain face aux grandes devises va rester problématique de même que la menace de protectionnisme qui point dans certains pays. Il n’empêche, forts d’un bilan robuste, d’un track-record avéré, d’un portefeuille mondial diversifié et d’une réserve de talents au niveau international, nous demeurons confiants en ce début de nouvel exercice. Notre allons continuer à faire évoluer et croître notre activité, et à redoubler d’efforts pour répondre aux attentes de nos clients et les dépasser  » .

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