Air France : l’intersyndicale PNC s’oppose au Plan de départs volontaires

Airbus A380 d' Air France - © Air France

L’intersyndicale de personnels navigants de cabine (PNC), composée du SNPNC et de l’UNSA-PNC, a annoncé jeudi qu’elle s’oppose à la mise en œuvre par Air France d’un Plan de départs volontaires (PDV) en 2016, concernant 200 postes d’hôtesses et stewards en équivalents temps plein. Selon elle, la « divine surprise » que représente l’amélioration de la situation financière de la compagnie, ne justifie plus ce PDV.

L’intersyndicale a fait connaître sa décision dans un tract diffusé le 06 avril. Elle admet que son opposition au nouveau PDV peut surprendre, dans la mesure elle a accepté les plans précédents, en 2013, 2014 et 2015 (sans les signer pour autant), qui « ont déjà permis à l’entreprise de faire partir 1.235 PNC au total » .

Mais la situation économique d’Air France aujourd’hui « ne justifie plus un PDV PNC » , estime l’intersyndicale, en rappelant que le groupe Air France-KLM enregistre pour son exercice 2015 un bénéfice d’exploitation de 462 millions d’euros et une réduction d’1,1 milliard d’euros de son endettement. Selon elle, il s’agit d’une « divine surprise » à laquelle la direction « ne s’attendaient apparemment pas » . En outre, « tous les signes montrent que les résultats s’annoncent meilleurs en 2016 » .

Les deux syndicats dénoncent également le « cercle vicieux » des gains de productivité demandés par l’entreprise à ses salariés, 20% au travers du plan Transform 2015 et 17% avec Perform 2020 : « efforts de productivité = sureffectif = diminution d’emplois = incitation aux départs » , résument l’UNSA-PNC et le SNPNC, selon lesquels Air France est devenue « un Moloch à qui on ne sacrifie pas des nouveau-nés, mais des emplois, au nom d’une religion qui joue la macro(n) économie contre l’humain » .

« Certes des esprits optimistes objecteront que ce ne sont pas 200 départs supplémentaires qui changeront fondamentalement les choses. Mais est-on bien certain que ce PDV sera le dernier » , conclut l’intersyndicale.

Le PDV d’Air France présenté en mars 2016, avec des objectifs revus à la baisse, vise au total un peu plus de 1.600 départs volontaires, dont 1.405 postes au sol. Pour ce volet, un accord a été trouvé le 05 avril avec la CFDT, FO, la CFE-CGC et l’UNSA, organisations majoritaires parmi les personnels au sol : la direction a accepté de repousser de deux mois la clôture de ce plan, dont le calendrier des départs est programmé entre le 30 septembre 2016 et le 31 mars 2017, et non plus le 31 janvier comme le souhaitait Air France. Seule la CGT s’oppose à ce PDV.

Les pilotes ne sont quant à eux pas concernés par les départs volontaires.

Photo Air France

Laissez un commentaire