Port du foulard : les personnels féminins d’Air France ne seront pas obligés de se rendre à Téhéran

Air France : PNC

Deux semaines avant la reprise des vols vers l’Iran, Air France met en place un « dispositif d’exception » permettant aux hôtesses et pilotes féminins de ne pas se rendre à Téhéran. Une décision qui intervient après la polémique sur l’obligation faite aux femmes de la compagnie de porter un foulard sur les cheveux à cette escale.

Air France a finalement entendu ses salariés lui demandant depuis plusieurs jours que les vols vers Téhéran se fassent sur la base du volontariat pour les femmes. Un mémo interne de la direction demande en effet aux personnels féminins de porter un foulard sur les cheveux dès leur sortie de l’avion, ce qui est vécu par certaines navigantes  “comme de véritables atteintes à leur dignité” ou quelque chose « d’insupportable” .

Après la polémique qui a pris de l’ampleur ce week-end, le DRH d’Air France, Gilles Gateau s’est dit lundi 04 avril « à l’écoute de cette sensibilité » . Il a annoncé sur Europe 1 que la compagnie met en place un « dispositif d’exception » qui permettra que « toute femme qui serait affectée sur le vol Paris-Téhéran et qui, pour des raisons personnelles, ne souhaiterait pas porter le foulard à la sortie de l’avion, serait réaffectée à un autre vol, sur une autre destination » . Ce dispositif a été présenté aux syndicats dans l’après-midi.

La compagnie accepte ainsi de déroger à son principe : « à Air France comme sur toutes les compagnies, c’est que les personnels navigants ne choisissent pas leur destination. Ceci dit, là, on voit bien qu’il y a un problème particulier, une sensibilité particulière » , a reconnu Gilles Gateau. Téhéran demeurera une exception sur le réseau d’Air France. La capitale iranienne est en effet « la seule destination pour laquelle le port du foulard s’imposait dès la sortie de l’avion« , a expliqué le DRH. Il n’est pas obligatoire pour les étrangères de porter un voile en Arabie Saoudite où « il n’y a jamais eu une difficulté de ce type« , a souligné Gilles Gateau, qui a rappelé « qu’à chacune de nos destinations, nos équipages sont tenus de respecter la loi du pays dans lequel ils se trouvent » .

D’autres procédures d’exception ont été mises en place par Air France dans le passé, notamment pour Conakry en Guinée durant l’épidémie du virus Ebola, ou encore pour Tokyo après l’incident nucléaire de Fukushima.

Air France reprendra le 17 avril 2016 sa liaison Paris-Téhéran, après huit ans d’absence, à raison de trois vols par semaine, en Airbus A330 et A340. Les équipages seront composés de 2 pilotes et de 8 Personnels Navigants Commerciaux sur A330; de 2 pilotes et 10 Personnels Navigants Commerciaux sur A340.

Photo Air France

 

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