L’aéroport de Montpellier veut doubler ses destinations d’ici 2020

Aéroport Montpellier-Méditerranée : vue aérienne

L’aéroport Montpellier-Méditerranée (AMM) a adopté lundi un ambitieux plan d’expansion, dénommé « Destination 2020 » , qui vise à faire passer le nombre de destinations à 53 d’ici 2020, au lieu de 27 aujourd’hui, pour gagner un million de passagers en cinq ans.

C’est à un développement inédit auquel se prépare l’aéroport de Montpellier. Ses actionnaires (l’Etat à 60%, la Chambre de Commerce et d’Industrie à 25% et les collectivités à 15%) ont adopté à l’unanimité les moyens et les objectifs du plan stratégique « Destination 2020 » .

Il s’agit pour la plateforme d’atteindre en 5 ans un trafic annuel supérieur à 2,5 millions de passagers en proposant un réseau de 53 destinations, contre 27 aujourd’hui. Sur la base d’une étude du cabinet Bipe, AMM s’attend à ce que ce gain d’un million de passagers génère d’ici à 2020 la création de 4.000 emplois, nouveaux et non délocalisables, et 200 millions de retombées économiques annuelles supplémentaires sur son territoire.

L’aéroport indique qu’il a les moyens de ses ambitions, grâce à une « situation financière extrêmement saine » . Sur 5 ans, il prévoit d’investir 14 millions d’euros et les collectivités 23 millions d’euros.

L’aéroport va maintenant travailler à définir les modalités de « Destination 2020 » pour que ce plan entre en phase active et concrète. Ceci sera détaillé lors de la prochaine séance du Conseil de Surveillance d’AMM, prévue en juin.

Concurrence de Marseille

Aéroport MontpellierLa croissance du trafic passagers l’année dernière (+4,5%) inscrit déjà l’aéroport de Montpellier parmi les plus dynamiques de France. Pour cette année, AMM annonce une augmentation de 7,4% du nombre de voyageurs. Mais l’aéroport souhaite accélérer son développement et « aller plus vite et plus loin que son évolution naturelle permettrait » . 

En effet, « seule une croissance significative et rapide lui fera passer un seuil critique et l’éloignera de sa zone de vulnérabilité » , souligne-t-il, en citant notamment la concurrence de l’Aéroport de Marseille. L’objectif est de gagner en compétitivité et en attractivité par effet de volumes.

Un point d’autant plus crucial que l’ex-région Languedoc-Roussillon a vu son trafic aérien baisser légèrement de -0,5% en quinze ans pour atteindre 2,7 millions de passagers en 2015 (1,5 million à Montpellier; environ 400.000 à Carcassonne et Perpignan; 245.000 à Béziers; 200.000 à Nîmes). Dans la même période, la région PACA gagnait +40% et Midi-Pyrénées +25%.

En outre, plusieurs mouvements de fond conduisent à une remise en question du modèle d’exploitation aéroportuaire qui prévalait jusque-là en France, selon AMM : la raréfaction de la ressource publique; la réforme territoriale; mais aussi les nouvelles stratégies d’implantation et de développement des compagnies low cost en Europe, qui quittent progressivement les petites et moyennes plateformes pour aller vers les plus importantes. Montpellier-Méditerranée cite l’exemple de Ryanair qui s’est massivement désengagée de Gérone, qui a perdu ainsi 3,5 millions de passagers, au profit de Barcelone.

Photos Aéroport Montpellier-Méditerranée

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