Crash de Flydubai : une erreur de pilotage ?

Boeing : 737-800NG de Flydubai

Selon une chaine de télévision russe, Rossia 1, une erreur de pilotage intervenue par mauvais temps serait à l’origine du crash du Boeing 737-800 de Flydubai le 19 mars à Rostov-sur-le-Don, faisant 62 morts.

Lors de son reportage sur l’accident diffusé le 25 mars, Rossia 1 dit s’être procurée une transcription des enregistreurs de vol auprès d’une source au sein de la commission d’enquête. La chaine de télévision souligne cependant qu’elle « ne prétend pas à la vérité » et qu’il faudra attendre les conclusions de l’enquête pour être certain du scénario qu’elle a construit sur la base de la transcription.

Selon le reportage, après que l’équipage a mis fin à la deuxième tentative d’atterrissage, l’avion tente d’atteindre le niveau 50 (1.500 mètres) qui lui a été assigné. Il prend de l’altitude à un angle de 15 degrés pendant 40 secondes en mode de pilotage automatique. Alors que cette altitude n’a pas encore été atteinte, le commandant désactive le système de pilotage automatique, pour une raison inconnue mais peut être en raison de fortes turbulences. A partir de cet instant, le 737 commence à plonger.

Selon la transcription traduite en russe, l’un des pilotes dit alors à l’autre : « ne t’inquiète pas ! » , avant d’ajouter quelques secondes plus tard : « ne fais pas ça !« . Il répète à plusieurs reprise « tire (sur le manche, ndlr) » . Puis « seulement des cris inhumains » sont entendus durant les six dernières secondes de l’enregistrement.

Reste à expliquer cette chute qui n’a duré que quelques secondes alors que les pilotes essayaient de l’empêcher. Selon les experts interrogés par la chaine de télévision, les pilotes ont voulu désengager le pilotage automatique pour placer l’appareil à l’horizontale. Mais ils ne se sont pas aperçus que les stabilisateurs à la queue de l’appareil étaient activés si bien que « l’élévateur n’était plus opérant et l’avion ne répondait pratiquement pas aux actions de l’équipage sur le manche » , selon la chaine de télévision. Ses experts pensent que le pilote a pu accidentellement appuyer sur le bouton actionnant les stabilisateurs de queue durant les fortes turbulence, « notamment sous l’effet d’une fatigue chronique dont il s’était plaint avant le vol » .

L’Interstate Aviation Committee (MAK), en charge de l’enquête officielle, a indiqué plus tôt cette semaine qu’il commençait à analyser les enregistreurs de vol. Le 23 mars, il précisait qu’il continuait à travailler sur toutes les versions possibles de l’accident. Il s’attache notamment à étudier la situation météorologique dans les environs de l’aéroport de Rostov, la performance de l’équipement de cet aéroport ainsi que les actions des contrôleurs aériens et des services météorologiques. Une autre partie de l’enquête s’intéresse à la documentation technique, au fonctionnement de tous les systèmes de bord, avion et moteurs, ainsi qu’aux actions de l’équipage, ajoutait le MAK.

Photo Boeing : 737-800NG de Flydubai 

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