Grève des aiguilleurs du ciel : les compagnies aériennes en appellent à l’UE

Avion en vol - Source : EASA

L’association Airlines for Europe (A4E), réunissant les principaux groupes de transport aérien européens, soit Air France KLM, easyJet, Finnair, International Airlines Group (IAG), Lufthansa Group, Norwegian et Ryanair, dénonce la grève des aiguilleurs du ciel français et demande des réunions d’urgence avec la commission européenne pour mettre en place un plan d’action permettant de minimiser l’impact de ces mouvements sociaux à répétition.

Pour l’A4E, la grève des contrôleurs aériens français des 20 et 21 mars est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Dans un communiqué intitulé « les voyageurs européens pris en otage par les grèves du contrôle aérien« , l’A4E indique que le mouvement social dans l’Hexagone « souligne encore une fois le besoin urgent d’un plan d’action immédiat pour réduire les effets des grèves sur le trafic local et les survols » .

L’année dernière, plus de 10.000 vols opérés par les compagnies aériennes membres de l’A4E ont été affectés par 28 jours de grève des contrôleurs du ciel en Europe. Ceci « entraîne des retards inutiles et des inconvénients pour des millions de passagers » , vitupère l’association.

« L’impact négatif des grèves du contrôle aérien sur l’aviation européenne est un enjeu majeur pour nos compagnies et leurs clients » , souligne Thomas Reynaert, directeur général de l’A4E. Il appelle la Commission européenne à agir en faveur des consommateurs et à promouvoir leurs droits. « Nous exhortons toutes les parties concernées à développer et à se mettre d’accord sur un plan d’action. L’A4E va en prendre l’initiative, et demander des séances de travail d’urgence avec tous les intervenants » , prévient le directeur général. « Nous ne pouvons pas gâcher les vacances de Pâques des voyageurs européens » , ajoute-t-il.

Un mouvement « égoïste » , selon Ryanair

Parmi les différents membres de l’A4E, la low-cost irlandaise Ryanair est certainement le plus remonté contre la grève des contrôleurs français. Dans un communiqué distinct de l’association, la compagnie « condamne » un mouvement social « égoïste » tout en rappelant que les aiguilleurs du ciel français en sont à leur 41e et 42e journées de grève depuis 2009.

Elle appelle ses passagers à signer une pétition intitulée « Garder ouverts les cieux européens » , avec deux leitmotivs : limiter le droit de grève des contrôleurs aériens et permettre à ceux d’autres pays de gérer l’espace aérien français durant un mouvement social en France. « Quand nous aurons atteint un million de signatures, nous présenterons cette pétition à Bruxelles, auprès de la Commission européenne et du Parlement Européen, qui seront alors forcés de prendre des mesures pour empêcher ces perturbations indésirables » , estime-t-elle.

De sérieuses perturbations en France

En France, le mouvement lancé par le syndicat UNSA-ICNA, qui représente environ 20% des voix chez les 4000 contrôleurs aériens, a été particulièrement suivi dès le dimanche 20 mars, conduisant la DGAC à demander aux compagnies aériennes d’annuler plus de vols que prévu à Paris-Orly. Pour la journée du lundi 21 mars, elle a demandé l’annulation de 33% des vols à Paris-Orly et Marseille, et de 20% des vols à Lyon, Nice et Beauvais.

Pour les vols maintenus, des perturbations sont à prévoir dans les aéroports. La Direction des services de la navigation aérienne (DSNA) estime les retards pour lundi matin à 75 minutes en moyenne à Paris-Orly, 60 minutes en moyenne à Marseille, Lyon et Toulouse, 40 minutes en moyenne à Bordeaux, et évoque simplement « quelques retards » à Paris-Charles de Gaulle et Nice.

L’UNSA-ICNA entend protester par ce mouvement contre la décision d’accélérer la baisse des effectifs des contrôleurs aériens en 2016, la détérioration des conditions de travail qui s’en suit, et le manque d’investissement pour leurs matériels, ce qui n’est pas sans implications sur la sécurité des vols, selon ce syndicat.

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