Air France : l’intersyndicale rejette le « plan de décroissance dissimulé »

Airbus A380 d' Air France - © Air France

Le dernier plan présenté à la mi-janvier par la direction d’Air France ne convainc pas les syndicats : onze d’entre eux dénoncent « un plan de décroissance dissimulé par un ingénieux plan de communication » et menacent d’appeler à l’action si la compagnie réduit la flotte et les effectifs. 

Air France a présenté le 15 janvier de nouvelles orientations stratégiques visant un retour à la croissance sur long-courrier entre 2017 et 2020. « Le ton a certes changé, mais les faits, eux, sont têtus » , écrit l’intersyndicale le 26 janvier. Selon elle, ces annonces, qui consacrent l’abandon du plan B,  « n’en demeurent pas moins un projet de diminution de la flotte d’Air France similaire à celui programmé lors de l’annonce du plan Perform 2020 » .

Le nouveau projet d’Air France propose « l’ajout de sept avions dans la flotte long-courrier, l’ouverture d’une à deux nouvelles destinations et une croissance de l’ordre de 10% en capacités et en heures de vol entre 2016 et 2020, la stabilité des réseaux court et moyen-courrier (hors effet TGV sur Bordeaux), et la poursuite de la croissance de Transavia France, qui exploitera jusqu’à 40 avions en 2020″ .

Les syndicats pour leur part constatent « une baisse de cinq avions long courrier (5 %) en 2016 et un retour progressif en 2020 à la flotte long-courrier de 2014, le nombre d’avions total continuant lui, de diminuer…  » . Ils évoquent une « croissance négative » qui « implique donc logiquement des suppressions d’emplois (1000 pour 2016) et n’écarte en aucun cas les menaces de licenciements » .

« Les seules voies de développement proposées passent de fait par un énième plan de délocalisation via KLM ou les filiales Transavia et la systématisation de la sous-traitance pour certains personnels affectés au sol ou à la maintenance » , ajoute l’intersyndicale.

Portées par le retour attendu d’Air France au bénéfice cette année, pour la première fois depuis huit ans, les revendications sont multiples. Les syndicats réclament pour les années futures « une augmentation de la flotte tout entière, de nouveaux investissements, des garanties quant à la maintenance, l’assistance et l’exploitation de cette flotte par des salariés AF » , et dans l’immédiat « l’annulation des sorties de flotte annoncées pour les machines actuelles (…) plus que jamais nécessaires » et « l’arrivée des B787 conformément au calendrier initial (fin 2016, ndlr) » .

Le dialogue social s’annonce difficile. Les efforts de productivité demandés par la direction d’Air France à l’appui de son nouveau plan ne sont pas évoqués par les onze syndicats. En revanche, l’Etat-actionnaire est interpelé. Ainsi le gouvernement doit « faire sa part du travail en revoyant le mille-feuille de taxes et les surcoûts délirants imposés aux compagnies aériennes françaises qui poussent à la délocalisation des emplois » .

« En l’absence de réaction rapide de nos dirigeants, l‘intersyndicale sera amenée à proposer aux salariés une série d’actions dans un délai extrêmement court » , conclut le communiqué de l’intersyndicale.

Le texte est signé par la CGT, l’UNSA PNC, l’UNAC, FO, le SNPL, le SNPNAC, Alter, SUD Aérien, le Spaf, la CFTC et le SNPNC.

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