Après les attentats de Paris, les aéroports sous tension

Aéroport Paris Charles de Gaulle - Source : Air France

Plusieurs événements sont venus émailler la journée de mercredi dans les aéroports en France et à l’étranger, cinq jours après les terribles attentats de Paris: de fausses alertes ont entrainé l’évacuation d’un terminal de l’aéroport de Copenhague et paralysé momentanément l’accès à celui de Nice. Dans le cadre de l’état d’urgence décrété après les attaques sanglantes, des perquisitions ont été menées à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. De son côté, la CGT a réclamé une nationalisation des moyens de sûreté aéroportuaires. La Gendarmerie des Transports Aériens a annoncé un renforcement de ses contrôles dans les aéroports.

Le Terminal 3 ainsi que la station de métro de l’aéroport de Copenhague ont été évacués mercredi à la mi-journée après la découverte d’un bagage suspect. Les embarquements ont été transférés au Terminal 2, occasionnant des retards. Aucun vol n’a cependant été annulé, ont indiqué les autorités de l’aéroport. Les opérations doivent reprendre leur cours normal ce jeudi. La police de Copenhague s’est refusée à tout commentaire. Comme de nombreux pays, les autorités danoises ont relevé hier le niveau d’alerte contre le risque terroriste au deuxième cran, le plus élevé.

Plus tôt, dans la matinée, l’accès à l’aéroport Nice Côte d’Azur a été bloqué en raison d’un véhicule suspect stationné à proximité du Terminal 2. L’intervention s’est terminée vers 10 heures, a indiqué l’aéroport sur son compte Twitter.

Toujours dans la journée de mercredi, deux perquisitions administratives ont été menées à l’aéroport Paris Charles de Gaulle, dans les locaux d’Air France Cargo et de FedEx, a rapporté l’Express. Effectuées dans le cadre de l’état d’urgence, ces perquisitions seraient sans lien direct avec les attentats de la semaine dernière et ciblaient de possibles réseaux de radicalisation. 1500 casiers de salariés ont été contrôlés, « sans découverte notable » , selon le journal qui cite une source policière. « Pas d’inquiétude à avoir, mais il y a des raisons de vérifier » , a résumé la source.

Ces événements ont été précédés par l’évacuation du Terminal Nord de l’aéroport Londres Gatwick samedi matin, après l’arrestation d’un Français que les autorités soupçonnaient d’avoir déposé un engin explosif. Dans la même journée, un avion d’Air France à l’aéroport d’Amsterdam Schiphol, au départ pour Paris, a également dû être évacué après une fausse alerte à la bombe.

En dehors des aéroports, deux vols d’Air France ont été déroutés mardi soir, en raison aussi d’une fausse alerte.

Cinq jours après les attentats de Paris qui ont fait 129 morts et plus de 300 blessés, la CGT a plaidé mercredi pour une nationalisation de la sûreté dans les aéroports. Dans un communiqué intitulé « état d’urgence, nos aéroports sont-ils correctement protégés? » , le syndicat a déclaré que la France devrait « plus que jamais (…) revenir à un transport aérien public et une sûreté aéroportuaire assurée par des fonctionnaires d’État » . Les contrôles dans les aéroports français sont sous-traités « à des entreprises privées pour des raisons financières avec des appels d’offre permanents » , s’inquiète la CGT. Elle estime que « le turn-over et la précarité (plus de 30% d’intérimaires) dans les métiers d’agents de sûreté sont incompatibles avec les notions de facteurs humains et le suivi des formations obligatoires qui sont inhérents à l’efficacité de la sûreté aéroportuaire » . Une fois n’est pas coutume, le syndicat voudrait que la France s’inspire des Etats-Unis, où « au lendemain du 11 septembre 2001, l’état américain n’hésitait pas à renationaliser toute la sûreté de ses aéroports. Ainsi depuis, les contrôles sont opérés par des policiers assermentés » .

Justement, la Gendarmerie nationale a fait savoir mercredi que les contrôles de la Gendarmerie des transports aériens (GTA) dans les aéroports de Paris étaient renforcés. La GTA assurait précédemment les contrôles de sûreté dans les plateformes aéroportuaires de l’Hexagone avant qu’ils ne soient sous-traités.


Photo : Aéroport Paris Charles de Gaulle – Source : Air France

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