Bombardier CSeries : une bonne et une mauvaise nouvelle

Bombardier CSeries CS100 aux couleurs de Swiss International lors d'un vol de démonstration à Toronto - © Bombardier

Bombardier a terminé la phase d’essais en vol du CS100, ouvrant la voie à une prochaine certification de type. Mais le gouvernement canadien vient de refuser d’autoriser les avions à réaction sur l’aéroport Toronto Billy Bishop. La décision compromet une commande de deux milliards de dollars passée il y a deux ans par Porter Airlines.

Le constructeur canadien semble en bonne voie d’obtenir l’homologation du nouvel appareil avant la fin de l’année, comme il s’y était engagé. « Tout se déroule comme prévu et nous sommes au stade final avant l’octroi par Transports Canada du certificat de type pour l’avion CS100 » , déclare dans un communiqué Fred Cromer, président de Bombardier Avions commerciaux. Les équipes travaillent à la finalisation de la documentation pour l’approbation de l’autorité canadienne.

Les essais de fonctionnalité et de fiabilité sont en cours depuis le 7 novembre 2015 et ont vu le CS100 faire escale dans une vingtaine d’aéroports en Amérique du Nord. Ils se déroulent suivant des trajets et des procédures d’exploitation de vols typiques des compagnies aériennes et comprendront au total une quinzaine de liaisons au Canada et une vingtaine aux États-Unis, avant de se déplacer en Europe.

« Nous avons déjà commencé à noter une hausse de l’enthousiasme et de l’intérêt de nombreuses collectivités alors que notre avion C Series se prépare à entrer en service auprès de SWISS pendant la première moitié de 2016  » , se félicite Rob Dewar, vice-président du programme C Series.

En attendant, Bombardier doit essuyer une mauvaise nouvelle. Le gouvernement canadien a finalement refusé d’autoriser que les avions à réaction opèrent à l’Aéroport Billy-Bishop de Toronto, le plus proche du centre-ville – aujourd’hui seuls les turbopropulseurs y sont acceptés – . La décision contrarie les projets de Porter Airlines qui comptait utiliser le CSeries sur cet aéroport. Dans le cadre d’un plan d’expansion, la compagnie aérienne a signé en 2013 un engagement d’achat portant sur 12 CSeries plus 18 options, tout en conditionnant une commande définitive à la possibilité d’utiliser ce type d’appareil à Toronto Billy-Bishop, sa première base d’exploitation. Seule cliente canadienne du CSeries à ce jour, Porter souhaitait les faire voler vers des destinations que ses Q400 actuels ne peuvent atteindre. Elle n’a pas encore fait connaître sa position après la décision d’Ottawa, mais Bombardier risque néanmoins de voir s’envoler un contrat représentant quelque 2,15 milliards de dollars américains.

Le constructeur n’a pas enregistré de nouvelle signature pour le CSeries depuis plus d’un an. Il totalise à ce jour 243 commandes fermes plus 360 options pour les deux variantes CS100 et CS300.

Le programme, accumulant des difficultés et des retards, a lourdement impacté les comptes de Bombardier. Un accord vient cependant d’être conclu avec le gouvernement provincial du Quebec qui investira 1 milliard de dollars dans le CSeries. En outre, des discussions seraient en cours avec le gouvernement fédéral du Canada pour une injection de liquidités supplémentaires.

Bombardier espère que le programme CSeries devienne rentable vers 2020, en fonction des volumes de production et de la capacité de l’entreprise à réduire les coûts, a indiqué lundi son directeur exécutif, Alain Bellemare.

Photo : Bombardier CSeries CS100 aux couleurs de Swiss International lors d’un vol de démonstration à Toronto – © Bombardier

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