A Brazzaville, les compagnies aériennes planchent sur la libéralisation du ciel africain

Aéroport de Brazzaville Maya Maya - Source : Aéroport de Lyon

Trente-cinq compagnies africaines se sont données rendez-vous à Brazzaville du 08 au 10 novembre 2015 pour évoquer la libéralisation du ciel africain. Elle tarde à venir, freinant le développement des liaisons intra-africaines pourtant prometteuses. Un appel a été lancé à davantage de collaboration entre transporteurs.

Fatima Beyina-Moussa, présidente ECAir, 47e conférence de l'AFRAA

Les compagnies aériennes se réunissaient dans le cadre de la 47ème assemblée générale de l’AFRAA (Association des compagnies aériennes d’Afrique). L’événement avait pour thème : « Cieux ouverts : Croissance par la compétition et la collaboration« .

Au total, 35 d’entre elles se sont rendues aux assises. Plus de 300 participants ont échangé sur les stratégies à adopter pour favoriser la mise en œuvre de la décision de Yamoussoukro, qui consacre le libre accès des transporteurs aériens aux liaisons intra-africaines. Pourtant adoptée par 44 Etats en novembre 1999, seuls 11 Etats africains se sont engagés à ce jour à l’appliquer effectivement.

Un constat d’autant plus préoccupant que le marché aérien du continent dispose d’un fort potentiel, « en passe de devenir l’un des principaux au monde avec plus d’un milliard d’habitants« , estime l’AFRAA dans un communiqué. Un tiers en effet de la population en Afrique va appartenir à la classe moyenne, celle qui voyage. Le trafic aérien en Afrique est en hausse de 5,2 % par an – un chiffre à comparer avec ceux relevés en Amérique du Nord (+ 2,3 %) et en Europe (+ 3,8 %).

Pourtant, les voyages aériens à l’intérieur de l’Afrique restent compliqués. « Il est parfois plus facile, pour aller d’un pays africain à un autre, de voyager à l’extérieur du continent et de prendre une connexion à Dubaï ou à Paris, pour ensuite revenir en Afrique » , a expliqué la présidente de l’AFRAA, Fatima Beyina-Moussa, également directrice générale d’ECAir. « Nous voulons à tout prix éviter cette situation. Faciliter la circulation à l’intérieur de l’Afrique ne peut être que bénéfique pour les compagnies aériennes, et surtout les passagers. Ces derniers auront une expérience de voyage beaucoup plus facilitée que ce qu’ils vivent aujourd’hui. Non seulement, les connexions entre pays africains sont insuffisantes, mais ils n’ont pas non plus assez de rotations pour circuler à leur guise à l’intérieur du continent » , a-t-elle déploré.

Avec l’appui de l’OACI, de l’IATA et de la commission de l’aviation civile de l’Union africaine, la présidente voudrait mettre « rapidement » en place « un marché unique de l’aviation africaine » , à l’image de ce qui a été fait en Europe, mais, selon elle, il existerait encore « de petites résistances » . 

Le développement des transports aériens en Afrique est miné par de nombreux problèmes, allant des infrastructures insuffisantes au coûts des redevances aéroportuaires en passant par des manquements aux règles de sécurité comme l’attestent l’inscription de nombreuses compagnies aériennes africaines sur la liste noire de l’Union Européenne.

Face à ces difficultés, « le salut réside dans la nécessaire solidarité, dans l’indispensable mutualisation et l’incontournable synergie » , a déclaré lors du discours inaugural le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou N’Guesso.

Dans cette optique, la présidente de l’AFRAA voudrait que sa compagnie aérienne, ECAir, serve de modèle. Durant cette année, « chez ECAir, nous avons choisi de négocier avec nos confrères et avons pu aboutir à des accords interlignes avec TAC, Asky, Ethiopian, South African Airways, Air Algérie et à l’exploitation de la ligne Brazzaville- Beyrouth en collaboration avec Trans Air Congo » . La dirigeante annonce aussi un prochain partenariat avec Kenya Airways.

Fatima Beyina-Moussa quittera cependant ses fonctions à la tête de l’AFRAA prochainement. C’est Edmund Makona, directeur général d’Air Zimbabwe, qui lui succèdera.

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  1. Aéroport de Brazzaville Maya Maya – Source : Aéroport de Lyon
  2. Fatima Beyina-Moussa, présidente ECAir, 47e conférence de l’AFRAA – Source : ECAir

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