Lufthansa va passer au crible son réseau long-courrier

Airbus A380 D-AIMG de Lufthansa à l'aéroport de Francfort - © Lufthansa

Le groupe Lufthansa va procéder à un examen du réseau long-courrier de Lufthansa German Airlines, une mesure liée à l’absence d’accord de réduction de coûts avec les hôtesses et stewards actuellement en grève.

La décision du groupe allemand de « réévaluer les capacités et les routes de Lufthansa à partir de 2016 » a été prise à l’unanimité du Conseil d’administration, selon un communiqué du 09 novembre 2015.  Elle résulte du constat que les problèmes de coûts structurels sont « encore non résolus » . Ainsi, seront passées au crible « les routes à faible rendement » de Lufthansa German Airlines, en particulier vers l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud. Le groupe laisse ainsi entendre qu’il pourrait redéployer sa flotte et diminuer ses capacités, voire, à l’extrême, suspendre certaines liaisons.

Annoncée en pleine grève des hôtesses et stewards, cette mesure reflète les difficultés de Lufthansa pour réduire les coûts au sein de l’entreprise. A l’appel de leur syndicat, UFO, les personnels navigants de cabine sont en grève pour une semaine jusqu’au 13 novembre 2015 si aucun accord n’est trouvé avec la direction. Celle-ci a amélioré lundi sa dernière proposition de la semaine dernière, offrant à présent de verser à tous ses employés une prime de 3.000 euros (50% de plus que la dernière offre), et d’augmenter les salaires des hôtesses et stewards de 1,7% à partir de janvier 2016, et à nouveau de 1,7% à partir de janvier 2017, à condition que la grève s’arrête. Des mesures qui vont pas dans le sens d’une réduction des coûts.

« Avec ces nouvelles concessions, nos objectifs d’amélioration de coûts et de compétitivité, urgente et nécessaire, ne seront pas atteints, et l’écart avec nos concurrents sera plus important » , a indiqué Karl Ulrich Garnadt, président de Lufthansa German Airlines, pour expliquer la décision de passer au crible le réseau de la compagnie.

Néanmoins, les propositions ont été immédiatement rejetées par le syndicat UFO, qui les a qualifiées de « provocation » , voulant obtenir un accord sur les retraites, dont ne veut pas entendre parler la direction. Le conflit entre dans son quatrième jour et coûterait selon les analystes au moins 10 millions d’euros par jour à Lufthansa. 113 vols sont annulés mardi, essentiellement sur long-courrier. Près d’un millier l’ont été lundi, affectant plus de 110.000 clients de la compagnie aérienne.

Lufthansa a déjà essuyé toute une série de grèves en 2014 et 2015 de la part de ses pilotes. Les discussions se poursuivent avec leur syndicat, Vereinigung Cockpit, mais là-aussi, aucun accord n’a été trouvé sur la question des salaires et des retraites.

Ces conflits sont à inscrire dans un contexte plus général, où Lufthansa cherche à développer ses activités low-cost avec Eurowings, selon des contrats de travail distincts du reste du groupe, ce qui provoque l’hostilité des syndicats.

Photo : Airbus A380 D-AIMG de Lufthansa à l’aéroport de Francfort – © Lufthansa

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