Crash de Metrojet : l’Egypte n’évoque pas la thèse de l’attentat

Crash du vol Metrojet 7K9268 dans le Sinaï - Source : Interfax / EPA

Après l’ouverture des boites noires et à contre-courant des services de renseignements occidentaux, l’Egypte ne tire aucune conclusion sur le crash de l’A321 de Metrojet samedi dernier, à en croire le ministre égyptien de l’aviation civile qui faisait le point hier lors d’une conférence de presse.

Ministre égyptien de l'aviation civileDevant les journalistes et les caméras du monde entier le 07 novembre, Ayman el-Mokadem n’a pas prononcé une seule fois le mot d’attentat en livrant les premiers résultats des investigations. Tout juste a-t-il évoqué « un certain scénario » dont a fait état la presse ces derniers jours : la commission d’enquête « ne détient aucune information ou preuve à ce sujet » , a-t-il affirmé. « Tous les scénarios sont envisagés mais aucune conclusion n’a été tirée pour le moment » , a conclu le ministre.

Auparavant, Ayman el-Mokadem avait livré les avancées de l’enquête en lisant un communiqué, mais la plupart des informations étaient déjà connues. L’enregistreur de paramètres de vol (FDR) a cessé de fonctionner 23 mn 14 s après le décollage. L’avion, en mode de pilotage automatique, était alors en montée à 30.888 pieds à la vitesse de 281 noeud. Un « son » est bien audible à ce moment-là sur la deuxième boite noire (CVR). Le ministre s’est gardé de se prononcer sur la nature de ce son, mais un laboratoire spécialisé va mener une analyse spectrale pour en déterminer la nature.

Sur le site du crash, l’éparpillement des débris sur une zone de 13 km de long est « cohérent avec une dislocation en vol » , a indiqué Ayman el-Mokadem, ajoutant qu’à ce stade, « l’observation initiale de l’épave ne permet pas encore de connaître la cause de la dislocation » . Toutes les parties de l’avion n’ont pas encore été retrouvées, les sections manquantes devraient être localisées dans les prochains jours, selon le responsable égyptien. L’épave, ainsi que les systèmes informatiques de l’avion, seront acheminés au Caire pour y être analysés par des spécialistes.

Ayman el-Mokadem a également détaillé la composition de la commission d’enquête. Elle comprend 47 membres, dont plus de la moitié, soit 29, sont égyptiens. On dénombre aussi 7 russes, 6 français, 2 allemands et 3 irlandais. Cette équipe d’enquêteurs est assistée par 11 experts, dont 10 d’Airbus et 1 de l’EASA. Conformément à la réglementation de l’OACI, la communication sur les avancées des investigations relève exclusivement des autorités de l’aviation civile égyptienne.

Si Le Caire se refuse à prononcer le mot d’attentat, Londres et Washington ont évoqué ouvertement la piste d’une bombe dans l’A321 de Metrojet. A Paris, des sources proches du dossier ont affirmé à l’AFP que la thèse d’un attentat à la bombe est « fortement privilégiée » . Moscou, qui a minimisé cette éventualité au départ, a commencé à évacuer samedi ses ressortissants de Charm el-Cheikh – en dépêchant 44 avions.

Si l’on ajoute à cela les revendications répétées de l’Etat islamique, il n’est pas sur que la position égyptienne soit tenable longtemps. Encore moins qu’elle parvienne à rassurer.

Le vol 7K 9268 a décollé de Charm el-Sheikh à destination de Saint Pétersbourg le 31 octobre 2015 avec 224 personnes à bord qui ont toutes péri.

Photo : Crash du vol Metrojet 7K9268 dans le Sinaï – Source : Interfax / EPA

 

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