Les Boeing 737 ne seront pas cloués au sol en Russie

Boeing 737-800 NG d' Aeroflot - CC BY-SA 2.0 Gerard van der Schaaf

Les Boeing 737 étaient sous la menace d’être cloués au sol en Russie par une décision de l’Interstate Aviation Committee (MAK), l’équivalent du BEA français. Mais leurs opérations continueront normalement dans le pays, a finalement décidé vendredi Rosatviatsa, l’équivalent de la DGAC.

Le MAK avait suspendu le jeudi 05 novembre 2015 le certificat de type de toutes les variantes du Boeing 737 en Russie, dans l’attente de documents de Rosaviatsa et de la FAA américaine attestant de sa navigabilité. A l’origine de sa décision, l’accident d’un 737-500 de la compagnie Tatarstan Airlines, qui s’est écrasé à Kazan en novembre 2013, ôtant la vie à ses 50 passagers et membres d’équipage. Le MAK s’inquiète d’un problème avec la gouverne de profondeur affectant le modèle.

Le retrait du certificat menaçait a priori de clouer au sol environ 120 737 opérant en Russie. L’annonce de la mesure avait suscité la réaction immédiate de l’Association russe des Transporteurs Aériens, réunissant 19 compagnies aériennes et représentant 85% du trafic dans le pays. Par la voix de son président, Vladimir Tasun, l’association faisait remarquer que le MAK n’avait pas la capacité juridique à prononcer une telle interdiction, d’autant plus que la plupart de ces appareils sont immatriculés off-shore, en Irlande et aux Bermudes, si bien que « l’Etat russe n’a pas à décider ou non de leur navigabilité » ,  invoquait-il.

Pour tirer tout cela au clair, l’agence fédérale russe du transport aérien, Rosaviatsa avait convoqué pour ce 06 novembre les différents intervenants dans ce dossier, y compris le MAK, Boeing et les compagnies aériennes.

« Les participants à la réunion ont été unanimes à dire que, pour le moment, il n’y a pas lieu de décommissionner les Boeing 737, qui sont immatriculés dans d’autres États tels les Bermudes ou l’Irlande, ou ceux inscrits dans le registre public des aéronefs de la Fédération de Russie. Par conséquent, l’exploitation des Boeing 737 se poursuivra normalement » , a fait savoir Rosaviatsa dans un communiqué vendredi après-midi.

L’agence ajoute que les représentants du MAK n’ont pas participé à la réunion. En outre, elle dit avoir reçu un document du MAK lui demandant de considérer comme nulle et non avenue la décision de retirer le certificat des 737. « Il semble qu’il y ait des points de vue divergents au sein du MAK » , a déclaré Alexander Neradko, le directeur de Rosaviatsa.

Le responsable ajoute que l’enquête sur l’accident du 737 à Kazan n’est pas terminée. « Les autorités de l’aviation russes n’ont pas à leur disposition le rapport définitif et ses annexes » , a-t-il fait valoir. « Si certaines questions et problèmes techniques se posent pendant l’enquête, le fait qu’ils fuitent dans les médias constitue une violation de l’éthique et des règles sur les procédures d’enquête » , a-t-il ajouté.

Dans son rapport préliminaire sur l’accident de Kazan, le MAK avait fait état d’erreurs de pilotage, mais pas de problèmes techniques. Il s’agissait du dernier accident majeur en Russie avant le crash de l’Airbus A321 de Metrojet dans le Sinai le 31 octobre 2015.

A fin mai 2015, 176 Boeing Boeing 737 étaient en exploitation en Russie. Ce chiffre devrait être inférieur aujourd’hui, puisque Transaero, qui en exploitait une cinquantaine, a cessé ses opérations entre temps.

Photo : Boeing 737-800 NG d’ Aeroflot – CC BY-SA 2.0 Gerard van der Schaaf

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