Emirates envisage de remplacer Delta sur Dubai-Atlanta

Airbus A380 d' Emirates à l'atterrissage - cc wikimedia / Steven Byles

Nouvel épisode dans le conflit qui oppose les compagnies américaines et leurs concurrentes du Moyen-Orient : Emirates Airline se dit prête à lancer une liaison Dubai-Atlanta, que Delta Air Lines cessera d’exploiter l’hiver prochain. Selon Emirates, la ligne est rentable. Delta dément.

Delta vient d’annoncer qu’elle suspend à compter du 11 février 2016 la liaison entre Atlanta et Dubai, où elle est sans concurrence directe, en raison des surcapacités déployées par les compagnies du Golfe. Selon Delta, l’offre en sièges disponibles quotidiennement entre les Etats-Unis et le Moyen-Orient de 2008 à 2014 a été augmentée de 11.000 sièges – et ce à 95% par les compagnies du Golfe. Le Boeing 777-200LR utilisé sur la ligne « sera redéployé vers d’autres marchés transatlantiques, où il peut rivaliser à niveau égal et non faussé par les compagnies subventionnées appartenant à leur Etat » , a indiqué Delta dans un communiqué le 28 octobre.

Emirates, qui dessert 10 villes aux Etats-Unis mais pas Atlanta, envisage maintenant de reprendre la ligne. « Nos planificateurs de routes sont en train d’étudier de près la possibilité pour Emirates de combler le vide laissé par Delta quand elle cessera la liaison entre Atlanta et Dubai » , fait savoir à The National la compagnie aérienne de Dubai.

En effet, selon une étude qu’elle vient de mener, les avions de Delta sont pleins à 85% sur la ligne, ce qui indique une absence de surcapacité. L’exploitation de la route génère selon Emirates une rentabilité de 7%. « Par rapport aux normes des compagnies aériennes, ce sont des conditions lucratives qui ne justifient pas de cesser le service Atlanta-Dubaï » , explique une porte-parole d’Emirates. Elle laisse entendre que Delta veut redéployer son avion sur d’autres routes transatlantiques où les rendements sont plus élevés, « en raison de l’immunité anti-trust » dont Delta et ses partenaires de SkyTeam bénéficient. « Dans ce cas, Delta devrait admettre que son objectif est de gagner encore plus d’argent, et laisser les compagnies du Golfe en dehors de tout ça » , poursuit la porte-parole.

Delta de son côté dément les données d’Emirates. La compagnie affirme que les compagnies aériennes, en règle générale, ne suspendent pas les liaisons rentables, ce qui de toute façon n’est pas le cas. « La route perd de l’argent depuis deux ans en raison des surcapacités déployées par les transporteurs du Golfe, subventionnés par leur gouvernement, qui ont inondé le marché américain, et violé l’accord de Ciel Ouvert » , déclare à USA Today, Kate Modolo, porte-parole de Delta.

En dehors de ces tenants et aboutissants, l’affaire est le dernier épisode en date du conflit qui oppose depuis plusieurs mois maintenant les trois premières compagnies aériennes américaines à Emirates Airline, Etihad Airways et Qatar Airways.

Delta s’est en effet associée à American Airlines et United Airlines pour demander au gouvernement des Etats-Unis qu’il entame des consultations avec les Emirats Arabes Unis et le Qatar afin de mettre en place des règles du jeu « équitables » . Les trois transporteurs du Golfe sont accusés d’être des entreprises publiques et d’avoir bénéficié de subventions directes et indirectes d’un montant total de 42 milliards de dollars. L’administration américaine n’a pas encore pris de décision.

Crédit photo : Airbus A380 d’ Emirates à l’atterrissage – cc wikimedia / Steven Byles

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