Air France, Lufthansa et Emirates cessent le survol du Sinai

Crash du vol Metrojet 7K9268 dans le Sinaï - Source : Twitter / Diego Lopez via Airlive.net

Quelques heures après le crash d’un appareil de Metrojet dans le désert du Sinaï, Air France, Lufthansa et Emirates ont indiqué qu’elles évitent de survoler la région « par précaution » , mais British Airways et easyJet continuent, tandis que l’incertitude règne encore sur les causes de l’accident.

Air France a confirmé le 31 octobre 2015 mettre en place « à titre de précaution, un dispositif d’évitement de survol de la zone du Sinaï » , a indiqué un porte-parole de la compagnie aérienne. La mesure est effective  » jusqu’à nouvel ordre » , dans l’attente de « clarifications » sur les causes du crash de l’Airbus A321 de Metrojet, a-t-il ajouté.

Lufthansa, dont moins de dix vols par jour survolent le Sinaï, a également pris la décision d’éviter la zone « parce que la situation et les raisons du crash ne sont pas claires » , a déclaré samedi à Reuters une porte-parole de la compagnie allemande.

Plus tard dans la soirée, Emirates Airline a également indiqué qu’elle cesse de survoler le Sinaï « jusqu’à ce que plus d’informations soient disponibles » , tout en indiquant surveiller la situation.

SAS Scandinavian Airlines, a annoncé de son côté qu’elle n’avait « aucune route survolant le Sinaï » .

A contre-courant, les compagnies aériennes britanniques British Airways et easyJet ont indiqué qu’elles ne modifiaient pas leurs itinéraires. « Notre équipe en charge de la sécurité est en liaison continuelle avec les autorités compétentes dans le monde, et nous procédons à une évaluation détaillée des risques pour chaque route que nous opérons » , a précisé British Airways à l’appui de sa décision.

L’incertitude règne encore sur l’origine de l’accident : défaillance technique ou attentat terroriste. Dans le nord du Sinaï s’affrontent depuis deux ans les forces égyptiennes et des djihadistes de l’Etat islamique. Cette organisation a affirmé dès samedi qu’elle était à l’origine du crash de l’Airbus A321, une action menée en représailles à l’intervention russe en Syrie. Mais le ministre russe des Transports, Maxime Sokolov, a jugé que la revendication de l’EI «ne peut pas être considérée comme exacte» . L’ambassade de Russie en Egypte s’est d’ailleurs empressée d’indiquer, immédiatement après l’accident, que l’avion avait eu un « problème technique » . Pourtant, dans la soirée de samedi, le ministre égyptien des Transports a démenti que le contrôle aérien ait eu connaissance d’une défaillance de l’appareil ou reçu un SOS.

Le survol des zones de conflit est devenu un sujet critique après le crash du vol MH17 de Malaysia Airlines dans l’Est de l’Ukraine en juillet 2014, abattu par un missile. Ainsi, quelques jours après cet accident, Air France avait décidé de sa propre initiative de contourner la zone du Nord Mali à la suite du crash du vol AH5017 d’Air Algérie opéré par Swiftair. L’enquête a ensuite établi que cette catastrophe n’était en rien liée à un acte terroriste.

L’Airbus A321 de Metrojet s’est écrasé en Egypte dans la région du Sinaï le 31 octobre 2015, avec 224 passagers et membres d’équipage à bord. Il devait effectuer le vol 7K9268 entre Sharm El Sheikh et Saint Pétersbourg. L’avion a disparu des écrans radar vers 4h20 GMT. L’épave a été retrouvée, sans qu’il y ait de survivant.

Crédit photo : crash du vol Metrojet 7K9268 dans le Sinaï – Source : Twitter / Reuters

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