Transport aérien : Les professionnels du secteur de plus en plus optimistes

Avion Boeing 747 au décollage à Londres Heathrow - Source : Heathrow Airport

Selon la sixième étude du cabinet d’avocats d’affaires international Norton Rose Fulbright menée auprès de professionnels dans le monde entier, la confiance dans le secteur aérien est en hausse. En effet, 88 % des personnes interrogées estiment que les conditions actuelles du marché sont favorables à leur activité, contre 75 % en 2014.

Les principales raisons de cette confiance sont liées à la conviction que le financement et les investissements sont à présent disponibles (37 %) et que la stabilité économique sera de retour sur les marchés clés (29 %). Cette année, le secteur aérien semble avoir plus facilement accès au financement. En effet, en 2014, seul 11 % des répondants avait cité la disponibilité des financements comme éléments favorable du marché.

Parmi les personnes pessimistes sur l’état du marché de l’aviation, 40% évoquent un contexte économique mondial incertain. Parmi les autres préoccupations citées, 20% ont trait aux restrictions opérationnelles gouvernementales, par exemple les obstacles réglementaires et commerciaux, et 20% évoquent des problèmes de surcapacité.

Possibilités en matière d’investissement

Selon les professionnels du secteur aérien interrogés, les opportunités en matière d‘investissement sont diverses :

  • Acquisition d’avions supplémentaires (30% des personnes interrogées contre 25 % en 2014, ce malgré plus de 20 % des répondants soulignant des problèmes de surcapacité, confirmés par l’enquête) ;
  • Création de coentreprises, sous forme de groupements et d’alliances (28%)
  • Fusions et acquisitions (5%)

Ils évoquent certains marchés porteurs ou nouveaux comme pouvant offrir les meilleures perspectives sur les deux à cinq prochaines années, parmi lesquels :

  • L’Amérique du Nord (30% contre 9% en 2014) ;
  • La Chine et l’Asie du Sud-Est (28%, contre 16 % pour la Chine et 11 % pour l’Asie du Sud-Est en 2014).

Par ailleurs, 74% des sondés sont convaincus que les investissements dans les infrastructures augmenteront. Ils n’étaient que 52% en 2014. Nul n’envisage une chute dans les investissements d’infrastructures en 2015 (12 % en 2014).

Sources de financement, stratégie et aides gouvernementales

Parmi les principales sources de financement du secteur dans les deux prochaines années les sondés identifient :

  • Les marchés financiers et les obligations (27%) ;
  • La dette bancaire (23% contre 13% en 2014).

La part la plus importante de la stratégie des entreprises du secteur aérien au cours des 12 prochains mois serait consacrée selon eux à :

  • La réaffectation des capacités actuelles provenant de secteurs et de clients stagnants ou croissants (20%) ;
  • La levée de capitaux propres et l’emprunt (19 %) ;
  • La commande de nouveaux aéronefs (17 %, malgré les problèmes de surcapacité).

 En matière d’aides gouvernementales, les plus utiles pour le secteur demeuraient principalement :

  • L’investissement dans les infrastructures (58%) ;
  • L’allègement de la taxe sur les passagers et les carburants (55%) ;
  • L’assouplissement de la réglementation (45%).

Parmi les investissements en infrastructures nécessaires, les professionnels interrogés évoquent :

  • Les aéroports (51%) ;
  • Les infrastructures multimodales combinant ferroviaire, routier et aéroportuaire afin de fluidifier la chaine d’approvisionnement (44%) ;

Principaux défis à relever pour l’aérien

L’intervention de l’État est évoquée comme un enjeu majeur avec parmi les raison invoquées :

  • Une efficacité opérationnelle du secteur aérien mise en danger par l’intervention de l’Etat et la création de règles hétérogènes (15%) ;
  • Des contrôles réglementaires généraux contraignants (13%).

Lorsqu’on demande aux sondés de citer les réglementations ayant eu le plus d’impact sur leur secteur, 30% des personnes interrogées n’ont mentionné aucune loi en particulier mais font référence à l’application et à l’exécution incertaine des nouvelles réglementations et de la réglementation actuelle. Les autres citent :

  • Le renforcement de la réglementation environnementale (18%) ;
  • La surveillance accrue des Autorités de concurrence (18%) ;
  • Les règles de concurrence et les barrières à l’entrée (15%).

Parallèlement aux espoirs placés sur les marchés chinois et d’Asie du Sud-Est en termes de potentiel pour les investissements, les professionnels perçoivent des risques sur les perspectives économiques des marchés émergents. Parmi ces risques, pour les cinq prochaines années, ils évoquent :

  • Le ralentissement de la croissance dans les pays émergents (33%) ;
  • Les événements géopolitiques hors zone euro (23%) ;
  • L’augmentation de la menace terroriste (20%) ;
  • L’augmentation des taux d’intérêt et des frais de financement (3% seulement pensent qu’il s’agit de la plus grande menace pour le secteur de l’aviation contre 14 % dans le ferroviaire et 12 % dans le maritime).

 Parmi les autres enjeux cités :

  • La disponibilité et le coût du carburant (en forte baisse : 8% en 2015, 27 % en 2014) ;
  • La pénurie de travailleurs qualifiés (10%).

Cependant, à l’instar des secteurs maritimes et ferroviaires, seules 3% des personnes interrogées évoquent l’augmentation des effectifs et des compétences comme possibilité d’investissement optimale.

Enfin, comme dans tous les autres secteurs du transport, un déséquilibre entre l’offre et la demande créant de la surcapacité constitue la plus grande source de préoccupation (26 % des interrogés, contre 12 % en 2014).

Cette étude, dénommée « The Way Ahead » , est la sixième étude sur les transports, publiée par Norton Rose Fulbright. Elle détaille plus de 157 réponses provenant d’un éventail de sociétés impliquées dans le secteur aérien, ferroviaire et maritime dans le monde entier, notamment des financiers, des propriétaires/exploitants, des constructeurs, des entités gouvernementales et des cabinets de services professionnels.

Crédit photo : Boeing 747 au décollage à Londres Heathrow – Source : Heathrow Airport