L’idée d’Air France pour augmenter la productivité de ses salariés

Commandant de bord / pilote d'Air France - © Air France

Expliquant que les coûts d’Air France sont parmi les plus élevés au monde, le Directeur des ressources humaines de la compagnie propose à ses personnels une rémunération basée sur les efforts de productivité qu’ils accepteraient de faire individuellement.

Xavier BROSETA, Directeur des Ressources Humaines Air France - Source : Air France

« Si notre objectif est d’augmenter la productivité, on ne veut pas l’imposer à tout le monde » , affirme le 26 octobre dans les colonnes du Parisien Xavier Broseta, le DRH d’Air France.

« Nous proposons de créer trois contrats de travail. Dans le premier, le salarié accepte d’atteindre la productivité demandée, son salaire reste identique à celui d’aujourd’hui. Dans le deuxième, il travaille encore plus mais gagne plus. Dans le troisième, enfin, il peut refuser de suivre cette hausse de la productivité, mais alors sa rémunération diminue. On a fait cette proposition aux pilotes, on peut l’étendre aux hôtesses et aux stewards. C’est sur la table » , précise le responsable.

Ces propositions sont faites après l’échec des négociations sur le plan Perform 2020 au 30 septembre et la mise en place d’un plan B qui menace jusqu’à 2.900 emplois d’ici 2017.

Xavier Broseta revient sur les discussions qui se poursuivent. « Syndicats et salariés ont du mal à comprendre qu’on leur demande de nouveaux efforts, alors qu’ils en ont déjà fait beaucoup » , reconnaît-il. « En 4 ans, il y a déjà eu 6500 départs. Mais aucun n’a été contraint. Notre stratégie est la bonne » .

Air France s’apprête à présenter des résultats positifs pour le 3e trimestre. Grâce à la baisse des prix du pétrole notamment, « mais elle n’explique qu’un tiers des bons chiffres de cette année. Le reste a été obtenu grâce aux efforts des salariés d’Air France. Ces efforts ont été très importants, mais on partait de très loin » , déclare la dirigeant.

Malgré l’embellie, la santé de la compagnie reste encore fragile, estime Xavier Broseta : « Ceux qui pensent qu’Air France survivra parce qu’elle gagne 100 millions d’euros par an se font des illusions. Michael O’leary (Ndlr : le pdg de Ryanair) l’a dit, il peut se payer Air France comme il va acheter son paquet de cigarettes. C’est malheureux, mais c’est vrai » .

Le DRH précise que « l’été a été bon, mais depuis, notre recette unitaire est repartie sur une baisse de 5 % » . Et d’ajouter : « Aujourd’hui, toutes les compagnies du monde ont des coûts inférieurs aux nôtres. British a une rentabilité à deux chiffres. Si on n’est pas assez costaud, on va se faire manger » .

Photos : source Air France

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