Routes aériennes : l’EASA met en garde contre un survol de l’Iraq, la Syrie et la mer Caspienne

Avion en vol - Source : EASA

L’Agence Européenne de Sécurité Aérienne (EASA) a publié samedi une alerte de sécurité mettant en garde les compagnies aériennes contre un survol de l’Iraq, l’Iran et la mer Caspienne, mais en s’abstenant de toute recommandation, ce qui laisse les opérateurs libres de décider des routes qu’ils empruntent dans la région.

EASA SIB 2015 22 Itinéraire des missiles russes depuis la Mer Caspienne

Dans ce document (SIB 2015-22) publié le 10 octobre 2015, l’EASA dit avoir été informée que plusieurs tirs de missiles ont été effectués en direction de la Syrie les 06 et 07 octobre 2015 depuis des navires de guerre croisant en mer Capsienne. « Ces missiles ont nécessairement traversé l’espace aérien au-dessus de la mer Caspienne, de l’Iran et de l’Irak » ,  indique l’Agence, en joignant une carte de la zone (ci-contre). L’EASA précise cependant que la trajectoire de ces missiles se situe en-dessous des routes empruntées par les avions commerciaux. En conséquence, elle n’adresse pas de recommandation particulière aux compagnies aériennes. Une mise à jour sera effectuée en fonction de l’évolution de la situation.

Cette alerte est publiée au moment où la Russie commence à frapper la Syrie. Selon le ministre russe de la Défense, quatre bâtiments de guerre ont tiré depuis la mer Caspienne un total de 26 missiles ces derniers jours contre les groupes terroristes de l’Etat Islamique en Syrie. Les missiles en question seraient des 3M-54 Kalibr (SS-N-27) selon les sites spécialisés. Leur altitude de croisière ne dépasserait pas les 10 à 15 mètres au dessus du sol.

L’alerte de sécurité émise par l’EASA laisse les compagnies aériennes libres de décider de leurs itinéraires dans la région. Les transporteurs n’ont pas modifié leur plan de vol de façon significative, a noté de son côté le 10 octobre le gestionnaire du contrôle aérien européen, Eurocontrol.

Première compagnie aérienne à réagir publiquement à l’alerte de sécurité de l’EASA, KLM a d’ailleurs décidé de ne pas ajuster ses opérations, a-t-elle fait savoir le 12 octobre 2015 dans un communiqué. « L’activité militaire actuelle ne présente pas un risque accru pour les opérations de KLM dans la région » , dit-elle en précisant qu’elle ne vole plus au-dessus de l’Irak et la Syrie, et uniquement à très haute altitude au-dessus de l’Iran. « KLM suivra de près la situation » , poursuit-elle.

Quant à sa compagnie-soeur, Air France, elle aurait décidé dès samedi de modifier les routes qu’empruntent ses appareils au-dessus de l’Iran et la mer Caspienne, selon le journal allemande Die Welt. A l’heure actuelle, la compagnie française a cessé de voler au-dessus du Yémen, de l’Est de l’Ukraine, de la Syrie, de l’Irak et de la Libye.

Pendant ce temps, l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), l’agence des Nations-Unies en charge du transport aérien, a demandé officiellement à Bagdad, Téhéran et Damas de rendre publiques les informations sur les risques potentiels pour la sécurité des vols au-dessus de leur territoire. L’OACI n’a cependant aucun moyen pour rendre cette demande contraignante.

La sécurité des routes aériennes et le survol des zones en guerre sont devenus des enjeux critiques depuis le crash du vol MH17 de Malaysia Airlines dans l’Est de l’Ukraine en juillet 2014, vraisemblablement abattu en plein vol par un missile. Le drame  a fait 298 victimes. La publication du rapport final sur l’accident doit intervenir demain 13 octobre 2015.

Crédit photo : Avion en vol – Source : EASA

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