Air Madagascar : la restructuration sera pilotée par un canadien

ATR72-500 d'Air Madagascar - cc wikimedia / Dmitriy Pichugin

Air Madagascar vient de nommer un nouveau directeur général, qui aura la lourde tâche d’élaborer et de mettre en oeuvre un plan de restructuration après la période de turbulence de cet été.

La compagnie aérienne malgache a annoncé le 2 octobre la nomination de Gilles Filiatreault à la tête de l’entreprise. Ce Québécois a fait ses classes chez Air Canada dès 1979 et s’est spécialisé depuis dans la restructuration des compagnies aériennes : il a participé notamment à celles de LIAT à Antigua (entre 1994 et 1996), BWIA à Trinidad et Tobago (1996-1998) et TACV au Cap vert (2006-2008). Autre corde à son arc : les business plans pour les compagnies en gestation (la dernière en date en Asie Centrale en 2014).

« Cette personne, tant attendue, arrive à point nommé. Avec le concours de l’ensemble du personnel d’Air Madagascar, il saura faire profiter la compagnie de sa longue et concluante expérience dans l’aéronautique, pour l’aider à sortir de la turbulence et lui donner un nouvel élan » , dit sans détour Air Madagascar dans un communiqué. La compagnie a traversé cet été l’une des plus graves crises de son histoire, avec la grève de quarante jours de ses personnels, qui a conduit à la suspension totale de ses opérations et aux démissions des précédents conseil d’administration et directeur général. Depuis, le dialogue a été renoué avec les employés, les vols ont repris progressivement à partir de juillet et la compagnie a poursuivi le renouvellement de sa flotte. Mais les problèmes structurels demeurent.

Gilles Filiatreault se donne trois semaines pour évaluer la situation avant de définir un plan de restructuration pour la période 2016-2018. La priorité reste la diminution des dépenses pour mettre fin aux pertes qui s’accumulent depuis des années. Plusieurs pistes ont été évoquées par le nouveau directeur général devant la presse malgache cette semaine : la délicate question des sureffectifs (1.200 employés pour 11 avions), la flotte et une possible renégociation des contrats en cours avec certains fournisseurs, comme Air France et Air Austral, selon lui « très onéreux pour la compagnie » .

Concernant le renouvellement du parc aérien, Gilles Filiatreault donne sa préférence à la location plutôt qu’à l’acquisition de nouveaux appareils, ce qui ne chamboulera pas les habitudes du transporteur : les deux ATR 72-600 réceptionnés cette année lui ont été fournis par la société irlandaise Elix Aviation Capital, et le Boeing 737-800 NG par la société chinoise ICBC Leasing. Air Madagascar attend trois ATR 72-600 supplémentaires en 2017 (et envisage d’en prendre deux autres). Mais se posera à terme la question du remplacement des deux Airbus A340 pour le long-courrier.

Pour parvenir au redressement d’Air Madagascar, le dirigeant appelle à la collaboration de tous les personnels, « car le succès n’est possible qu’avec la participation de tous. C’est un travail pour tous et par tous. Pour avoir une nouvelle altitude, il faut une nouvelle attitude » , a-t-il déclaré.

Crédit photo : ATR72-500 d’Air Madagascar – cc wikimedia / Dmitriy Pichugin

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