La DGAC s’inquiète du coavionnage

Robin DR.400/180 Regent à l'aéroclub de Chateau-Thierry - CC Wikimedia Commons / Peter Bakema

Alors que plusieurs projets de coavionnage se développent en France, la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) a adressé cette semaine une mise en garde, aussi bien aux pilotes privés qu’aux particuliers : la pratique n’est pas sans risques et n’offre pas toutes les garanties de sécurité. Une enquête est lancée dont les conclusions seront rendues avant la fin de l’année.

Que des pilotes privés partagent les frais d’un vol de loisirs avec leur famille ou leurs amis n’inquiète pas la DGAC, mais il en va tout autrement du coavionnage tel que le conçoivent ces plateformes sur Internet qui mettent en relation des pilotes privés et des particuliers, en s’inspirant de ce qui se fait sur la route avec le covoiturage.

« L’extension au grand public sort du cadre privé et se rapproche du transport public » , souligne la DGAC dans un communiqué le 16 septembre. Elle précise  que « toute forme de commercialisation ou de rémunération de vols est interdite à un pilote privé » .

Le transport du public à bord d’un avion n’est autorisé que pour les pilotes professionnels, selon une réglementation élaborée dans les années 1980, qui impose des règles contraignantes, y compris à l’aéronef, à son entretien, à son équipement et aux procédures d’exploitation, rappelle l’administration. Et les pilotes professionnels n’exercent que pour une compagnie aérienne détentrice d’un certificat de transporteur aérien, qui démontre sa capacité à respecter les règles applicables et nécessite une police d’assurance particulière. « C’est ce qui permet de protéger les passagers et les pilotes » .

Ceux qui seraient tentés de s’écarter de ce schéma réglementaire sont prévenus : « Le non-respect de ces dispositions expose à des sanctions disciplinaires et pénales pour les pilotes et les entreprises dès que des projets s’éloignent de la conception règlementaire des vols privés » , écrit la DGAC.

L’administration met également en garde le grand public. Les garanties de sécurité ne sont pas les mêmes pour un pilote privé et un pilote professionnel. « La licence de pilote professionnel est supérieure à celle d’un pilote privé » , souligne l’administration. Le niveau de sécurité d’une compagnie aérienne « est bien supérieur à celui de l’aviation générale, la formation de pilote professionnel se situant à un niveau supérieur d’exigences en matière de compétences, d’expérience ou encore d’aptitude médicale » .

Fort de ces observations, « la DGAC recommande donc la plus grande prudence aux pilotes et aux entrepreneurs qui considèrent cette option » . Une enquête est lancée, associant les aéroclubs au travers de la Fédération française d’aéronautique (FFA) et les plateformes de coavionnage. Les conclusions seront rendues avant la fin 2015.

Crédit photo : Robin DR.400/180 Regent à l’aéroclub de Chateau-Thierry – CC Wikimedia Commons / Peter Bakema

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