Airbus confirme un retard pour l’A380 de Transaero mais reste optimiste pour le marché russe

Visualisation d'un Airbus A380 de Transaero - © Airbus

Airbus a confirmé mercredi que la livraison du premier A380 de la compagnie aérienne russe Transaero serait retardée au-delà de cette année, mais l’avionneur reste optimiste sur la bonne tenue du marché russe pour lequel il prévoit un doublement de la flotte dans les vingt ans à venir.

Transaero a commandé quatre A380 en octobre 2012 et devait recevoir le premier exemplaire cette année. Mais l’avionneur a confirmé le 26 août à Bloomberg que cette livraison était retardée « afin d’aider le deuxième transporteur russe à faire face au ralentissement de la demande de voyage sur son marché » .

« Nous travaillons avec la compagnie pour déterminer de nouvelles dates » , a déclaré Chris Buckley, vice-président exécutif d’Airbus lors d’une interview pendant le salon MAKS 2015 qui se tient actuellement près de Moscou. « Compte tenu des turbulences que rencontre le marché russe depuis deux ans, ce n’est pas une grande surprise » , a-t-il ajouté.

Ces déclarations confirment celles de Fabrice Brégier, le Président d’Airbus, en juin dernier. « La probabilité est élevée » que Transaero ne prenne pas livraison de son premier A380 cette année, indiquait-il alors.

Ce report devrait remettre en cause l’objectif de production de 30 A380 cette année. Cependant, il ne devrait pas empêcher d’atteindre en 2015 l’équilibre financier pour ce programme, a également indiqué Airbus.

Transaero est en convalescence, après avoir échappé de justesse à la faillite à la fin 2014. Elle a maintenant repris le cours normal de ses opérations, mais elle reste exposée à la chute du trafic international en Russie, sous l’effet de la crise économique et de la dévaluation du rouble.

De la même manière, la compagnie n’a toujours pas transformé en commande ferme son engagement d’achat portant sur 20 Airbus de la famille A330, soit 12 A330neo et 8 A330ceo, signé lors du salon de Farnborough en juillet 2014.

Transaero a également commandé 4 Boeing 747-8i dont les deux premiers doivent être livrés cette année. « La commande est inchangée » , a cependant indiqué un porte-parole de Boeing à Bloomberg.

Aeroflot, la première compagnie aérienne russe, n’est pas épargnée par ces difficultés, puisqu’elle a annulé lors du salon aéronautique du Bourget en juin 2015 une commande portant sur 22 Boeing 787 Dreamliner.

Optimisme

Malgré ces développements, Airbus reste néanmoins optimiste pour l’avenir du marché russe et de la Communauté des Etats Indépendants (CEI, ex-URSS). Il prévoit que la flotte commerciale de cette région doublera de taille au cours des 20 prochaines années, pour atteindre 2.000 avions d’ici 2034, en comparaison des 922 en opération aujourd’hui.

Sur ce total, 1.280 appareils seront de nouvelles livraisons, dont 1.100 monocouloirs, 160 gros-porteurs et 24 très gros-porteurs, représentant une valeur théorique de 150 milliards de dollars.

Airbus prévoit également que l’économie de la Russie connaitra une croissance annuelle de 2,4% en moyenne entre 2015 et 2034. « Le marché de la Russie et de la CEI a toujours été d’une importance stratégique pour Airbus, et nous croyons qu’il va continuer à croître, malgré les défis récents dans la région, car le trafic aérien a su résister aux crises dans le monde entier » , a déclaré Christopher Buckley, vice-président exécutif d’Airbus.

L’avionneur prévoit même que le trafic passagers, mesuré en RPK, augmentera de 4,8% en moyenne par an au cours des vingt prochaines années, soit plus rapidement que la moyenne mondiale de 4,6%.

Depuis qu’Airbus a livré un premier avion à Aeroflot en 1992, un total de vingt-huit compagnies aériennes de Russie et de la CEI opèrent maintenant 340 avions qu’il a construits. Transaero de son côté a pris livraison de son premier A321 le 28 Juillet dernier.

Photo : Visualisation d’un Airbus A380 de Transaero – © Airbus

Laissez un commentaire