Flaperon du MH370 : « de fortes présomptions » et une « preuve tangible » , mais rien de vraiment nouveau

Photo du débris d'avion retrouvé à La Réunion le 29 juillet - Via Réunion 1ere

Malgré les déclarations tour à tour du procureur adjoint du Parquet de Paris et du Premier ministre de la Malaisie, l’un évoquant de « forte présomptions » et l’autre « une preuve tangible », aucun élément vraiment nouveau n’a été apporté mercredi sur la disparition du vol MH370.

Une semaine après la découverte d’un flaperon de 777 sur une plage de La Réunion, on ne sait rien de plus sur le vol MH370. Les coquillages accrochés au débris n’ont pas encore été analysés. Les « stress-tests » sur le composant de l’aile n’ont pas été menés. Et aucune analyse scientifiques et détaillée des courants et des vents n’a permis à ce jour de déterminer son point d’origine dans l’océan Indien.

Par prudence vraisemblablement, le procureur adjoint du Parquet de Paris s’est refusé à confirmer que le débris provenait bien du Boeing 777 de Malaysia Airlines, même si peu de doutes subsistent. « Il existe de très fortes présomptions pour que le flaperon retrouvé sur une plage de l’île de La Réunion le 29 juillet 2015 appartienne bien au Boeing 777 du vol MH370 de la compagnie Malaysia Airlines » , a déclaré le 05 août Serge Mackowiak, lors d’une conférence de presse.

Boeing a en effet confirmé au magistrat que « le flaperon venait bien d’un Boeing 777 en raison de ses caractéristiques techniques » et Malaysia Airlines lui « a communiqué des éléments, de la documentation technique du vol MH370, qui a permis d’effectuer un rapprochement entre la pièce examinée par l’expert et le flaperon du vol MH370 » . Mais le procureur adjoint attend des analyses complémentaires qui seront effectuées dès jeudi matin. « Je ne suis pas en mesure de préciser à quel moment les résultats seront connus » , a-t-il précisé. Une question de « plusieurs jours » , selon le journal Le Monde.

Le Premier ministre de la Malaisie, Najib Razak, a déclaré trente minutes auparavant, « avec un coeur lourd » , qu’une équipe internationale d’experts « a définitivement confirmé que le débris de l’avion trouvé sur l’île de la Réunion provient bien du vol MH370 » , avant d’ajouter : « Nous avons maintenant la preuve tangible que le vol MH370 s’est tragiquement terminé dans le Sud de l’océan Indien » , ce qu’il avait déjà annoncé publiquement le 24 mars 2014.

Malaysia Airlines s’est adressée aux familles et amis des passagers. Elle a leur fait part de sa « profonde tristesse » après la confirmation du premier ministre malaisien, et évoqué une « avancée majeure » dans l’enquête sur la disparition du vol MH370. « Le flaperon trouvé sur l’île de la Réunion le 29 Juillet appartient bien au vol MH370. Cela a été confirmé aujourd’hui par les autorités françaises, le Bureau d ‘Enquetes et d’Analyses (BEA), l’équipe d’enquête de la Malaisie, les représentants techniques de la République Populaire de Chine et de l’ATSB australien » , a précisé la compagnie aérienne.

L’ATSB, chargé des opérations pour retrouver l’épave du 777 de Malaysia Airlines au large de l’Australie occidentale, a indiqué plus tôt dans la journée que les recherches sous-marines ont maintenant couvert la moitié de la zone étendue à 120.000 m2 de part et d’autre du 7e arc (où les analyses extrapolées des données satellitaires ont conclu que l’appareil avait fini sa course).

Dans l’éventualité où l’appareil serait localisé et accessible, l’Australie, la Malaisie et la Chine se sont mis d’accord « pour tenter de récupérer l’épave ou toute pièce à conviction nécessaire à l’enquête » , a rappelé l’ATSB.

L’autorité australienne s’est dite « convaincue » que la découverte du flaperon à La Réunion, 16 mois après la disparition de l’appareil, est « cohérente » avec la zone des recherches, confirmant ainsi ce qu’elle disait il y a deux jours.

Elle a néanmoins publié une carte (ci-dessous) simulant la dérive des débris du vol MH370, avec comme point d’origine le septième arc.

Ainsi, cette modélisation, effectuée par l’Australian Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO), montre que les débris ont effectivement très bien pu « dériver vers La Réunion, ainsi que vers d’autres endroits, dans le cadre d’une dispersion progressive » , indique l’ATSB.

Sur la carte, les points bleus, noirs et rouges représentent la position possible des débris au 30 juillet 2015 en fonction d’une marge (respectivement 1,2, 1,5 et 1,8%) appliquée à la vitesse du vent à 10 mètres, avec comme point d’origine le 7e arc porté en noir. Les flèches blanches indiquent la direction des vents. Les points de couleur magenta figurent la position des bouées dérivantes (dotées d’ancres flottantes de 12m) sur la même journée. Leur mouvement a été utilisé pour corriger les erreurs sur la vitesse de dérive.

Rappelons que le vol MH370 a disparu le 8 Mars 2014 alors qu’il effectuait le vol Kuala Lumpur – Pékin avec 227 passagers (en majorité chinois) et 12 membres d’équipage.

L’appareil a dévié de son plan vol une heure après son décollage, sans que l’on en connaisse les raisons. Sa trajectoire l’a mené vers le Sud de l’Océan Indien, selon des estimations extrapolées de données satellitaires. Il aurait continué sa route en mode pilotage automatique avant de s’écraser en mer après l’épuisement de ses réserves en carburant.

Le rapport définitif sur l’accident a été publié le 8 mars 2015. Il a conclu à « un accident » , mais n’a livré aucune explication définitive sur la disparition de l’appareil.

515 jours après le drame, le mystère reste donc entier.

Dérive océanique à partir du 7e arc au 30 juillet 2015 - Source : ATSB

Photo en en-tête : débris d’avion retrouvé à La Réunion le 29 juillet – Via Réunion 1ere

Un commentaire sur “Flaperon du MH370 : « de fortes présomptions » et une « preuve tangible » , mais rien de vraiment nouveau

  1. On le sait très bien que ce flap appartient au vol de Malaysia , il n’ya pas eu d’autres accident de triple 7 , hormis le crash a San Francisco d’Asiana suite a une erreur de pilotage l’atterrissage et celui abattu au dessus de l’Ukraine. Si un appareil du même type avait perdu cette pièce importante en vol ça se saurait

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