MH370 : le flaperon est bien celui d’un 777 et de nouveaux débris retrouvés à La Réunion

Photo du débris d'avion retrouvé à La Réunion le 29 juillet - Via Réunion 1ere

De nouveaux débris ont été retrouvés sur le littoral de La Réunion, après la découverte mercredi d’un morceau d’aile d’avion. Celui-ci est à présent formellement identifié comme provenant d’un Boeing 777 par les autorités malaysiennes chargées d’enquêter sur la disparition du vol MH370 de Malaysia Airlines.

Le morceau d’avion récupéré le 29 juillet sur la plage de Saint André à La Réunion appartient bien à un Boeing 777, a déclaré ce dimanche le ministre malaisien des Transports. « Nous savons que le flaperon a été officiellement identifié comme étant une pièce de Boeing 777 « , a affirmé Liow Tiong Lai dans un communiqué cité par l’AFP, ajoutant que « cette information a été vérifiée par les autorités françaises ainsi que le constructeur Boeing, le bureau de sécurité américain des transports aériens (NTSB) et l’équipe malaysienne » .

Cependant, le ministre n’a pas dit que ce flaperon provient bien du 777 disparu de Malaysia Airlines (9M-MRO). Le fragment sera examiné à partir de mercredi prochain dans le laboratoire de la Délégation Générale de l’Armement Techniques Aéronautiques (DGA TA) situé à Balma, près de Toulouse, pour le déterminer avec certitude. Ce laboratoire a été utilisé lors d’accidents aériens précédents, dont celui du vol Air France AF447 Rio de Janeiro – Paris.

Ces derniers jours, la mer a continué de charrier de nouveaux débris sur les plages de La Réunion.

Un « objet métallique » d’environ 10 centimètres de long en partie recouvert avec du cuir et comprenant deux caractères chinois (兴宜) a été retrouvé dimanche par un promeneur sur la plage de Saint Denis. Rien n’indique que cet objet provienne d’un avion cependant.

Imaz Press Réunion mentionne dimanche aussi des bouteilles d’eau originaires de Malaisie retrouvées cette fois-ci à Bras-Panon, à proximité de Saint André. 

En fait, depuis la découverte mercredi du flaperon, un esprit « chasse au trésor » règne sur La Réunion. Un bagage a été retrouvé jeudi et confié à la Brigade de Gendarmerie des Transports Aériens. Une bouteille d’eau de source chinoise ainsi qu’un produit détergeant ont aussi été découverts vendredi et remis à la BGTA. Une bouteille de shampoing chinoise a également été signalée à Imaz Press Réunion, toujours sur le littoral nord-est.

Un fauteuil de couleur bleue qui pourrait être celui d’un avion et des valises auraient été retrouvés dès le mois de mai dernier par un agent de nettoyage, également sur la plage de Saint André. Mais loin d’avoir à l’esprit le vol MH370, l’homme a brulé ces différents objets en pensant qu’ils provenaient d’un bus.

En tout cas, les différentes découvertes de cette semaine relance l’espoir de résoudre au moins partiellement le mystère MH370. La Malaisie « s’est adressée également à plusieurs autorités aéronautiques de territoires de l’océan Indien proches de l’île de la Réunion » , a aussi indiqué dimanche le ministre malaysien des Transports. « Ceci afin de permettre aux experts de procéder à une analyse plus approfondie s’il devait y avoir davantage de débris qui s’échouent, ce qui nous fournirait plus d’indices sur l’avion disparu » , a-t-il ajouté.

Par ailleurs, un ingénieur océanographe au CNRS confirme dans les colonnes du journal Le Parisien que le Courant Equatorial Sud (SEC) a très bien pu faire voyager des débris du Boeing 777 de Malaysia Airlines de l’Australie à La Réunion. « Le SEC part entre l’Australie et l’Indonésie, une zone qui a été évoquée comme possible pour le crash, et va vers Madagascar. Le (flaperon du 777) arrive là près d’un an et demi après l’accident. C’est à peu près le temps qu’il faut pour voyager de l’Australie à La Réunion par la force des courants » , explique-t-il. Cet ingénieur pense que les images satellites de ce courant enregistrées depuis le crash devraient permettre de localiser la zone de l’accident en quelques jours. « En faisant des simulations à partir des images satellites, en les reprenant en sens chronologique inverse, on saura d’où viennent les débris » , précise-t-il.

« D’autres débris vont certainement arriver sur l’île de la Réunion ou sur les îles environnantes, comme les débris de Fukushima qui sont arrivés quelques temps après sur les îles de l’archipel d’Hawaï. C’est le même phénomène: des courants qui transportent des débris. Ca prend un certain temps mais les débris arrivent un jour quelque part » , conclue l’ingénieur.

Rappelons que le vol MH370 a disparu le 8 Mars 2014 alors qu’il effectuait le vol Kuala Lumpur – Pékin. Aucune trace de ses 227 passagers (en majorité chinois) et 12 membres d’équipage n’a été retrouvée à ce jour.

L’appareil a dévié de son plan vol une heure après son décollage, sans que l’on en connaisse les raisons. Sa trajectoire l’a mené vers le Sud de l’Océan Indien, selon des estimations extrapolées de données satellitaires. Il aurait continué sa route avant de s’écraser en mer après l’épuisement de ses réserves en carburant.

Le rapport définitif sur l’accident a été publié le 8 mars 2015, mais il n’a livré aucune explication définitive sur la disparition de l’appareil.

Les recherches sous-marines toujours en cours n’ont pas permis de retrouver l’épave au large des côtes Sud-Est de l’Australie.

Photo principale : débris d’avion retrouvé à La Réunion le 29 juillet – Via Réunion 1ere

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